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CONFÉDÉRATION EUROPÉENNE DES SYNDICATS
Libres ensemble
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    UNSA Magazine N° 109 - Juillet Août 2008

    Agir ensemble : une initiative historique

    Le texte commun à la CFE-CGC et à l’UNSA, dont vous pourrez lire l’intégralité un peu plus loin dans ce magazine constitue un acte fort dans le processus de rapprochement de nos deux organisations.

    C’est une première réponse aux sceptiques de tous bords que notre initiative a « perturbé ».

    Parmi ceux-ci, on rencontre les commentateurs patentés de la chose syndicale, les fameux « experts », dont la grande spécialité est le syndicalisme en chambre ce qui leur permet de décerner sans risque les bons et les mauvais points, eux dont la pensée est souvent indécente à force d’être correcte.

    Il y a aussi les commentaires auxquels se sont laissé aller certains secrétaires généraux de confédérations. Ah la fameuse « alliance de la carpe et du lapin » ou encore le sublime et visionnaire : « les responsables de l’UNSA raisonnent uniquement en terme d’organisation sans s’appuyer sur des valeurs et des pratiques syndicales de terrain ».

    Mises dans la bouche des bureaucrates syndicaux qui veulent par une opération d’appareil et avec la complicité du Medef, éliminer leurs concurrents syndicaux, il y a dans de telles phrases comme une perversité à dire le faux en cachant le vrai.

    Afficher sur la démocratie sociale des propos que les actes démentent, voilà où certains en sont hélas arrivés.

    Mais peu importe ces critiques qui dissimulent mal les craintes que ce projet de rassemblement fait naître chez ceux qui les profèrent.

    Avec ce texte commun, une évidence s’impose : une nouvelle offre syndicale est possible dont le rapprochement CGC/UNSA pose la première pierre.

    Il s’agit d’abord de constituer un pôle réformiste et de construire « une alternative à l’opposition de principe et à la réforme de connivence ». Ce réformisme, nous devons l’assumer sans crainte, sans remords, sans ambiguïté.

    C’est un réformisme de conviction qui se fonde sur un diagnostic lucide des réalités économiques et sociales dans lesquelles nous vivons et une vision du progrès social qui doit nous amener à ne laisser personne sur le bord de la route. Construire de nouveaux droits pour la moitié du salariat qui en est aujourd’hui en grande partie dépourvue, tel doit être un des grands enjeux du syndicalisme de demain.

    Ce pôle réformiste ne sera pas une auberge espagnole.

    Dans le domaine des valeurs partagées, le texte commun est aussi très clair : « respect des valeurs démocratiques et républicaines, justice, progrès social, laïcité, lutte contre toutes les formes d’exclusion et liberté de parole et d’action vis-à-vis des partis politiques et des directions d’entreprises ».

    Loin de l’éclatement corporatiste, ce texte plaide aussi pour : un syndicalisme interprofessionnel mais qui ne doit pas oublier les identités de métier, d’où la place accordée à l’autonomie.

    « un syndicalisme où les structures ont une autonomie de décision et d’intervention dans leur champ respectif de compétence : entreprise ou administration, branche professionnelle, niveau interprofessionnel. En définitive un syndicalisme où l’autonomie de chacun intègre l’intérêt général ».

    C’est dans cette synthèse que peuvent se retrouver une majorité des salariés de ce pays car c’est à eux que nous nous adressons.

    Ni dogme ni « catéchisme syndical », ce texte commun était indispensable pour fixer les contours théoriques de notre action. Il nous permet de construire ce nouveau pôle syndical sur des bases solides.

    Bagnolet, le 20 juin 2008


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