UNSA

UNSA

CONFÉDÉRATION EUROPÉENNE DES SYNDICATS
Libres ensemble
  • Nos publications

    UNSA-Magazine n°99 Juillet / Août 2007

    Édito d’Alain Olive (Secrétaire général)

    Après la victoire de la majorité présidentielle aux élections législatives, on peut s’interroger : la démocratie politique va-t-elle occuper tout l’espace, y compris l’espace social ?

    Poser une telle question, dans les pays scandinaves, en Allemagne ou même dans des pays latins comme l’Espagne ou l’Italie, paraîtrait inconvenant tant, dans ces pays, les partenaires sociaux ont une large capacité de négociation et tant la démocratie sociale y est florissante.

    En France, rien de tel. Les hommes politiques, toutes tendances confondues, une fois adoubés par la sanction démocratique, se vivent comme les seuls garants de l’intérêt général et comme les seuls acteurs vraiment légitimes à intervenir dans le domaine social. Disons aussi que, pendant longtemps, syndicats et patronat se sont satisfaits d’une telle situation et y trouvaient leur compte.

    Les choses seraient-elles en train de changer ? On peut le penser au vu de la méthode et de l’agenda que le président de la République et le Premier ministre viennent de dévoiler et que Xavier Bertrand, ministre du Travail est chargé de mettre en musique. C’est ainsi que, concernant le contrat de travail, la sécurisation des parcours professionnels, l’assurance chômage et la réforme de la représentativité, les partenaires sociaux auront un délai de six mois environ pour négocier. Mais, passé décembre 2007 et faute de résultats probants, le gouvernement reprendrait la main.

    Le fait que nous ne soyons pas encore partie prenante de ces négociations, ne doit pas nous empêcher d’approuver un tel dispositif. Il est conforme à ce que nous avons toujours demandé en laissant la première place à la négociation. Reste qu’il fait peser sur les partenaires sociaux et notamment les organisations syndicales une lourde responsabilité, celle de s’engager vraiment et d’arriver à conclure des accords.

    Et, sur un point au moins, on peut se montrer sceptique.

    C’est celui qui concerne la réforme de la représentativité. Difficile d’être à la fois juge et partie, difficile de réformer un système dont on demeure les principaux bénéficiaires. Raison de plus pour nous montrer extrêmement vigilants et appeler le président de la République et le gouvernement au respect de leurs engagements en la matière. Il s’agit au minimum de permettre à toutes les organisations syndicales légalement constituées de se présenter au premier tour des élections professionnelles et d’élaborer un indicateur national de représentativité. Nous persistons à dire que, pour atteindre cet objectif, les élections prud’homales sont les mieux adaptées.

    Sur un plan plus général, vis-à-vis des projets gouvernementaux, nous devons éviter toute complaisance sans tomber pour autant dans la contestation systématique.

    Pas de complaisance par exemple pour « un paquet fiscal » qui va, selon nous, creuser les inégalités sans relancer pour autant la croissance. Nous portons aussi un jugement critique sur la détaxation et la défiscalisation des heures supplémentaires.

    Quant au projet de loi-cadre sur le service minimum dans les transports terrestres, nous souhaitons, avec nos syndicats concernés, qu’il s’inspire de ce qui a été fait à la RATP et la SNCF sur la prévention des conflits et que rien ne vienne entraver le droit de grève qui est de valeur constitutionnelle.

    Sur tous les terrains, l’UNSA jouera pleinement son rôle d’organisation syndicale qui est avant tout d’être utile et efficace pour les salariés.

    Bagnolet, le 20 juin 2007


  • Aide à la navigation

    Version imprimable de cet article Version imprimable

 
ACCUEIL | Plan du site | Contacts | UR-UD | Fils RSS | Mentions légales | Espace privé | Dernière mise à jour : vendredi 23 juillet 2010

Accueil  Haut  Bas  Flux RSS  Contact  Ajoutez à vos favoris

 

Miroir social