Annonces gouvernementales du 8 mars : oui mais comment ?

 
Le gouvernement a annoncé un plan global pour l’égalité femmes-hommes le 8 mars.

L’UNSA approuve cette approche transversale mais se pose à nouveau la question de la mise en œuvre.

Concernant les mesures touchant au travail dans le secteur privé, voici les premières réactions de l’UNSA.

L’UNSA considère que les mesures annoncées par le gouvernement visant notamment à résorber d’ici trois ans l’écart salarial de 9% existant entre hommes et femmes à poste équivalent sont positives dans la mesure où elles seront accompagnées par des sanctions et des contrôles renforcés. Depuis 2012, les entreprises avaient une obligation de négociation sur l’égalité professionnelle ; le résultat espéré n’est pas au rendez-vous puisque l’écart des salaires entre les femmes et les hommes persiste.

La proposition sur la mise en place d’un logiciel qui pourra contrôler et mesurer les écarts injustifiés de salaire sera une aide précieuse aux élus du personnel et aux délégués syndicaux surtout s’ils sont aidés par des inspecteurs habilités à prendre des pénalités financières envers les entreprises en infraction.

L’UNSA est cependant réservée sur la mise en œuvre, à moins que les effectifs des inspecteurs ne soient renforcés.

Rendre obligatoire pour les entreprises, au-delà d’une certaine taille, une délibération des instances de gouvernance sur la politique d’égalité salariale et ses résultats à postes équivalents devrait inciter les entreprises à prendre les mesures de correction pour atteindre l’objectif. L’obligation de transparence, en cas de non-atteinte des objectifs nous laisse interrogatifs sur sa réalisation.

Une mesure qui incitera les négociateurs de branche à prendre en compte l’objectif d’égalité professionnelle, notamment salariale, et la mixité sera essentielle car celle-ci reste l’une des explications des inégalités par la concentration des femmes sur un nombre limité de métiers. De plus, si l’orientation dans le système scolaire fixe un objectif de mixité de 40% de filles dans les filières scientifiques du supérieur d’ici 2020, cela aidera à remédier aux déséquilibres de genre.

L’inconnu pour l’UNSA sur ces mesures proposées reste le budget que l’Etat consacrera pour appliquer au mieux la création de structures d’accueil des jeunes enfants et l’accompagnement des victimes de violences.

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