OPH : un pilier du logement social à défendre

Dans le monde des bailleurs sociaux (qui comprend aussi les Entreprises sociales pour l’habitat et les coopératives HLM ) les Offices publics de l’habitat (OPH), acteurs historiques du logement social, sont les seuls à avoir un statut d’établissement public. Créés et pilotés par les collectivités, ils incarnent l’intérêt général et la vocation première du logement social : loger ceux qui en ont le plus besoin dans les territoires, hors de toute logique de profit. Ensemble, avec leurs coopératives rattachées et les Sociétés anonymes de coordination (SAC), ils gèrent plus de 2 millions de logements, abritant près de 5 millions de personnes.
Les OPH et structures associées, loin d’être de simples gestionnaires de logements, sont un levier de la politique publique du logement, au croisement de la cohésion sociale, de l’aménagement du territoire, de l’emploi, des mobilités et de la transition écologique. Car le logement est un sujet central qui conditionne l’accès au travail, à l’école, à la santé, aux services publics et à l’autonomie.
Le logement social doit redevenir une priorité nationale
Pour l’UNSA, répondre à la crise du logement suppose un choix politique clair : refaire du logement social une priorité. Les besoins explosent, les délais d’attente s’allongent. Les salariés, les jeunes, les familles monoparentales ou les retraités modestes peinent à se loger, tandis que les classes populaires et moyennes sont repoussées toujours plus loin des centres urbains.
Pour cela, il faut relancer une politique ambitieuse de construction et de rénovation, soutenir durablement les bailleurs sociaux et adapter l’offre aux besoins : petits logements, accessibilité, logements familiaux dans les bassins d’emploi, réponse renforcée pour les étudiants. Le logement social ne doit plus être une variable d’ajustement budgétaire : c’est un investissement social, économique et écologique.
Or l’État continue à se désengager : baisse des financements, transferts de charges non compensés, pression accrue sur les organismes. Ceci fragilise la capacité des acteurs, dont les OPH et structures associées, à construire, rénover, entretenir le parc, maintenir un service de proximité de qualité et à garantir leur mission de service.
Défendre les personnels, c’est aussi défendre le service public du logement
Dans ce contexte, les agentes et agents, salariées et salariés des OPH et structures associées subissent les contradictions d’une politique qui les contraint à faire toujours plus avec toujours moins : pression sur les effectifs, charge de travail accrue, conditions d’emploi fragilisées, perte de sens, stagnation salariale, montée des risques psychosociaux. Or il n’y a pas de politique du logement efficace sans personnels qualifiés, respectés et associés aux choix de gestion.
L’UNSA défend à la fois les droits des personnels et la qualité du service. Cela suppose un dialogue social réel, la reconnaissance des métiers, des parcours et des compétences ainsi qu’une gestion qui ne soit pas dictée par la seule logique financière.