Conférence Travail, Emploi, Retraites : transformer les convergences en avancées concrètes
Après six mois de travaux, les garants de la Conférence Travail, Emploi, Retraites ont rendu leur rapport.
Pour l’UNSA, cette conférence démontre une nouvelle fois l’utilité du dialogue social. Lorsque les conditions sont réunies, les partenaires sociaux sont capables de confronter leurs positions, de faire émerger des convergences et d’identifier clairement les désaccords.
Elle confirme surtout une conviction exprimée par l’UNSA depuis le début : on ne peut pas parler des retraites sans traiter d’abord du travail et de l’emploi.
L’emploi des jeunes et des seniors, les conditions de travail, les salaires, la pénibilité, l’usure professionnelle, l’égalité entre les femmes et les hommes, les parcours professionnels, les freins périphériques ou encore les temps partiels subis doivent être au centre des prochaines discussions.
Avant de demander aux salariés de travailler plus longtemps, encore faut-il leur permettre d’entrer dans l’emploi, d’y rester et ce dans de bonnes conditions.
L’UNSA soutient également le développement du dialogue professionnel, qui doit permettre aux salariés et aux agents publics de s’exprimer davantage sur leur travail réel, son organisation, son contenu et ses transformations. Ce dialogue ne saurait se substituer au dialogue social et à la négociation collective : il doit au contraire les enrichir.
Sur la santé au travail, priorité doit être donnée à la prévention et à l’amélioration de l’organisation et des conditions de travail. La responsabilité ne peut reposer sur les seuls travailleurs. Les employeurs et les décideurs doivent assumer leur rôle en matière de prévention, de management et de lutte contre les risques psychosociaux.
La transformation du travail liée à l’intelligence artificielle doit, elle aussi, être anticipée et négociée. Pour l’UNSA, l’enjeu ne peut pas se limiter à former les travailleurs aux nouveaux outils. Il faut débattre de notre choix de société, de l’encadrement des usages, de leurs conséquences sur l’emploi, sur le partage des gains de productivité, sur les conditions de travail et le financement de notre protection sociale.
Concernant les retraites, l’UNSA réaffirme son attachement au système par répartition et refuse que l’âge de départ et la durée de cotisation demeurent les seules variables d’ajustement.
L’avenir des retraites passe d’abord par davantage d’accès et de maintien dans l’emploi, de meilleurs salaires, une véritable égalité professionnelle, une meilleure prise en compte de la pénibilité et des carrières plus soutenables.
L’UNSA considère également nécessaire de renforcer le rôle des partenaires sociaux dans le pilotage du système de retraite, tout en maintenant pleinement la responsabilité de l’État et en évitant tout mécanisme susceptible de générer un blocage.
Enfin, l’UNSA regrette la faiblesse des propositions s’agissant de la fonction publique. Rien sur les traitements et les salaires ni sur la prise en compte des primes dans le calcul des pensions. Cependant, le rapport reprend notre demande d’ouvrir le Compte professionnel de prévention (C2P) aux agents de la fonction publique afin de mieux prendre en compte la pénibilité, alors même que les agents publics sont confrontés, comme les salariés du privé, aux enjeux d’usure professionnelle, de sens du travail, de management et de transformations technologiques.
La méthode retenue a permis de dégager des convergences. Elles doivent maintenant se traduire dans les faits. Pour l’UNSA, le véritable test commence aujourd’hui : transformer les constats partagés en avancées concrètes pour les travailleurs, sans faire une nouvelle fois peser les ajustements sur les seuls salariés et agents publics.
