
L’inflation accélère sur un an en septembre
En septembre 2026, les prix à la consommation ont baissé de 0,3 %, après +0,7 % en août. Cette diminution s’explique surtout par la baisse saisonnière des prix des services (-1,4 %), en sortie des vacances d’été. Ainsi, ceux des services d’hébergement ont baissé de 15 % et ceux des transports de 9,8 %. Les prix de l’énergie continuent d’augmenter (+3,9%) tandis que ceux des produits manufacturés (+0,5%) et de l’alimentation (+0,1%) ralentissent.
Par rapport à septembre 2025, l’inflation grimpe à 3,1 %, après 2,4 % en août (p.9 et p.31 des annexes). Cette hausse s’explique principalement par les prix de l’énergie (+21,3%). Ainsi, les prix du carburant ont augmenté de 34,4 % sur un an, dont 44,1 % pour le gazole et 25,7 % pour l’essence. Se chauffer devient de plus en plus cher également. Les prix du gaz sont en hausse de 19 % et ceux des combustibles liquides, composés en grande partie du fioul domestique, de 64,6 % (p.33 des annexes).
Parmi les autres hausses sensibles de prix que nous pouvons constater sur un an, figurent les légumes (+9 %), notamment les légumes frais, dont la hausse peut atteindre plus de 30 % pour certaines catégories. De même, les services de garde d’enfants ont vu leurs tarifs progresser de 17,7 % et ceux des services de téléphonie mobile de 16,9 %.

Le pouvoir d’achat sous tension
Les ménages ont déjà été particulièrement affectés par l’épisode inflationniste de 2022-2023. Les salaires dans le privé ont perdu durant cette période plus de 3 % de pouvoir d’achat et ceux de la fonction publique ont baissé de 2%.
Les données définitives publiées récemment ont montré qu’un certain rattrapage a eu lieu depuis. Ainsi, en 2024, le pouvoir d’achat dans la fonction publique a crû de 1,7 % (p.52 des annexes). Pour le secteur privé, en 2025, le salaire médian réel[1] a augmenté de 1,5 % et le salaire mensuel de base[2] de 1 % (p.51 des annexes). Cependant, ces évolutions positives entre fin 2023 et 2025 n’ont pas permis au pouvoir d’achat des salaires de retrouver son niveau de début 2021.
Pire encore, si l’on s’intéresse au niveau de vie[3] réel, celui-ci a tout de même reculé de 0,7 % en 2025, soit plus qu’en 2022 (p.54 des annexes). Et il pourrait encore chuter de 0,7 % en 2026 et rester dans une perspective décroissante en 2027, pour la troisième année consécutive !
S’agissant des salaires, le regain de l’inflation que l’on connaît depuis début 2026 devrait stopper la dynamique de rattrapage de leur pouvoir d’achat. En effet, l’évolution des salaires de base connaît une tendance à la stagnation depuis le premier trimestre. De plus, selon l’Institut français d’économie (IFE), le salaire mensuel par tête[4] réel devrait diminuer de 0,4 % cette année.

Hausse du nombre de demandeur·euses d’emploi au 3ème trimestre
Le nombre de demandeur·euses d’emploi inscrit·es à France Travail continue d’augmenter. Au troisième trimestre 2026, 3,353 millions étaient classé·es en catégorie A (p.12), soit les personnes à la recherche d’un emploi n’ayant pas travaillé au cours du mois. Ce chiffre est en hausse de 0,9 % par rapport au trimestre précédent et de 2,1 % sur un an.
En comptant les personnes qui ont exercé une activité professionnelle au cours du mois, même quelques heures (catégories B et C), le nombre d’inscrit·es à France Travail s’élève à plus de 5,8 millions, en augmentation de 0,8 % sur le trimestre et de 2,4 % sur un an. En ajoutant les demandeur·euses non tenu·es de rechercher un emploi car en formation, maladie ou contrat aidé (catégories D et E) et celles et ceux en parcours social ou en attente d’orientation, 7,571 millions de personnes étaient suivies par le service public de l’emploi au troisième trimestre (p.44 des annexes).
Notons que sur un an, les effectifs inscrits à France Travail depuis plus d’un an ont progressé de 8,4 %. Par ailleurs, seulement 39,8% des demandeur·euses d’emploi étaient indemnisé·es au titre de l’assurance chômage au deuxième trimestre 2026, en baisse de 1 point sur un trimestre (p.12 et p.45 des annexes).
[1] Réel, c’est-à-dire après prise en compte de l’inflation (= pouvoir d’achat du salaire).
[2] Le salaire de base, c’est le salaire brut inscrit en haut de la fiche de paie (hors heures supplémentaires, primes).
[3] Le niveau de vie est le revenu disponible de l’ensemble du ménage (salaires, revenus du patrimoine, prestations sociales, moins les impôts directs et cotisations sociales), divisé par le nombre de personnes vivant dans le foyer, mesuré sous forme d’unités de consommation. (cf. p.54 des annexes)
[4] Le salaire moyen par tête (SMPT) intègre le salaire brut, les primes (type prime de partage de la valeur) et les heures supplémentaires.
* Prévisions
