43,8% pour l’extrême droite dans un Land allemand : un signal alarmant

Séisme prévisible, la victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt est une catastrophe pour l’Allemagne et pour l’Europe. L’extrême droite arrive largement en tête dans un Land allemand. Le parti nationaliste et traditionaliste allemand est désormais aux portes du pouvoir dans cet région de l’Est de l’Allemagne.

Résultats des élections régionales en Saxe-Anhalt

La poussée nationaliste gagne du terrain en Europe

Ce résultat en Saxe-Anhalt illustre la puissance de la vague nationaliste et populiste qui traverse aujourd’hui notre continent et de sa capacité à s’installer durablement dans le paysage politique européen. Il nous inquiète et doit nous alerter. C’est d’autant plus préoccupant que l’incertitude demeure sur la gouvernance du Land : Il manque trois voix à l’AfD pour obtenir la majorité absolue. A la recherche d’alliés pour gouverner, le jeune parti BSW, issu d’une scission de « die Linke », pourrait jouer les faiseurs de roi.

La France n’est pas à l’abri

Dans une Europe marquée par les tensions sociales et la défiance démocratique, la France aurait tort de se croire à l’abri. Le RN aura beau rappeler qu’il a rompu avec l’AfD en 2024, ses réactions invitent à relativiser la portée de cette séparation.

Jean-Philippe Tanguy dit ainsi « prendre acte » d’un vote de « ras-le-bol » face à des partis qui ne répondraient ni aux enjeux de l’immigration, ni à ceux de l’économie ou du prix de l’énergie. Une déclaration pour le moins mesurée. Quant à Jordan Bardella, il reconnaissait lui-même le 5 septembre que « la pression électorale exercée par l’AfD » avait contribué à « faire bouger les lignes » du gouvernement allemand sur le contrôle des frontières.

La rupture officielle de 2024 a cherché à éloigner les deux organisations sur le plan politique et européen, mais elle n’a pas fait disparaître leur matrice idéologique commune.

Un programme fondé sur la préférence nationale et une vision rétrograde de la société

Le projet porté par l’AfD est très inquiétant. Parti anti immigration, anti Union Européenne et pro-russe, il défend également une vision particulièrement conservatrice de la société.

En Allemagne, l’éducation et la culture, entre autres, sont une compétence des Länder. Le programme éducatif est profondément réactionnaire. Outre l’exaltation de l’identité nationale, la remise en cause des enseignements sur le genre et la diversité, une vision conservatrice de la famille et la volonté de réorienter l’enseignement de l’histoire, le parti d’extrême droite promet de revenir sur l’inclusion. Il veut réduire la scolarisation obligatoire et créer des classes spéciales pour les enfants migrants. L’AfD porte également le concept de « remigration », qui vise à renvoyer les immigrés dans leur pays d’origine. Une proposition en totale contradiction avec les réalités économiques et sociales allemandes, alors que de nombreux secteurs, comme la santé, le soin, le nettoyage ou l’industrie ont massivement besoin de cette main d’œuvre étrangère.

Pour l’UNSA, notre pays ne doit pas être sourd à ce signal. Il doit regarder ce scrutin en face et en tirer les enseignements. La progression de l’extrême droite n’est pas une fatalité : elle se combat par la défense de la démocratie, des droits sociaux, de l’égalité et de la solidarité. L’UNSA continuera à prendre toute sa part dans ce combat, notamment à travers le réseau franco-allemand initié par la Friedrich-Ebert-Stiftung rassemblant une intersyndicale française (CFDT, CGT, UNSA) et la centrale syndicale allemande DGB.

Partager sur vos réseaux

Nos autres articles

22 juillet 2026

Europe


 28ᵉ régime européen des entreprises : l’UNSA tire la sonnette d’alarme

1 juillet 2026

Europe


Talibans à Bruxelles : carton rouge !

7 mai 2026

Europe


Un 28e régime pour les entreprises : la simplification au prix des droits des travailleurs ?