La pauvreté n’est pas une fatalité

À 8 mois de la prochaine présidentielle, l’amélioration des politiques publiques de lutte contre la pauvreté doit s’imposer. L’UNSA propose 6 pistes d’amélioration.

Tous les voyants sont au rouge

  • Jamais autant de personnes n’ont dormi dans la rue (350 000 personnes en 2025)
  • jamais autant ne se sont retrouvées en privation matérielle et sociale (13,5 % de la population)
  • 10 millions de personnes sont sous le seuil de pauvreté. L’indicateur du seuil de pauvreté est calculé à partir de 60 % du niveau de vie médian, soit 1337 € mensuels, Entre 2022 et 2023, 650 000 personnes sont passées en dessous du seuil
  • Les richesses sont là, seule la volonté politique manque pour mieux les repartir.

Les richesses sont là, seule la volonté politique manque pour mieux les repartir.

La richesse ne semble pas avoir fui le pays : les 500 premières fortunes de France ont multiplié leur patrimoine par 6,6 en 10 ans, soit une augmentation de 564 %, pour atteindre les 1128 milliards d’euros !

Les visages de la pauvreté évoluent

Le visage de la pauvreté en France évolue depuis une trentaine d’années. Les catégories sociales les plus touchées sont désormais les étudiants (37 %), les chômeurs (36 %), les immigrés (32,2 %). Parmi ces personnes 34 % sont des familles monoparentales, composées majoritairement de femmes.

Ces populations sont les plus exposées aux difficultés d’accès à un emploi correctement rémunéré.

Une baisse du chômage qui ne fait pas baisser le taux de pauvreté

Et pourtant, la baisse du taux de chômage entre 2015 et 2022 n’a pourtant pas fait baisser le taux de pauvreté. Plusieurs causes expliquent ce phénomène :

  • la précarisation des emplois (ubérisation, emplois peu qualifiés, contrat de court terme) ;
  • l’augmentation de l’accueil de personnes étrangères sans leur donner légalement l’accès au travail aggrave le taux de pauvreté de ces populations ;
  • la dégradation de la situation des inactifs (retraités, personnes en invalidité) augmente le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté ;
  • l’inflation qui décale le niveau de vie médian sans que les revenus des personnes augmentent suffisamment vite pour maintenir leur niveau de vie.

Le modèle français reste un amortisseur essentiel à la pauvreté.

Le modèle français reste un amortisseur essentiel à la pauvreté.

Outre la politique de l’emploi, lutter contre la pauvreté passe par le versement de prestations sociales. Sans ces dernières, le taux de pauvreté monétaire générale atteindrait 21,7 % au lieu de 15,4 % aujourd’hui.

Pourtant, ces mécanismes de redistribution ne sont pas perçus par une large partie des bénéficiaires. Les chiffres de 2022 et 2026 font état d’un taux de non-recours de :

  • 34 % pour le RSA, soit 600 000 ménages et 3 milliards d’euros non versés ;
  • 30 % pour l’assurance chômage, soit plus de 500 000 personnes ;
  • 50 % pour le minimum vieillesse chez les personnes seules ;
  • 47 % pour la complémentaire santé solidaire (CSS) gratuite ;
  • 49 % pour l’aide médicale d’État (AME).

Ces résultats interrogent l’effectivité des droits sociaux et les raisons au non recours sont multiples :

  • méconnaissance des droits existants,
  • trop grande complexité de certaines prestations
  • situations d’illectronisme…
  • mais aussi une autocensure des bénéficiaires un décrochage, de la part des publics éligibles, qui résultent de la stigmatisation sociale que peuvent subir les bénéficiaires, ainsi que des conditions complexes d’obtention de certaines prestations.

Les différentes stratégies de lutte contre la pauvreté mises en place ces dernières années n’ont mené qu’à des résultats très mitigés selon la Cour des comptes et l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS). Sans remettre en question certains déterminants structurels de la pauvreté, les questions relatives au niveau des minima sociaux, au coût du logement, à la précarité de l’emploi ou encore aux inégalités territoriales ont été très peu intégrées dans le pilotage de la stratégie.

La lutte contre la pauvreté nécessite désormais un changement de conception, de moyens financiers et de pilotage national.

Luttons vraiment contre la pauvreté : les 6 propositions de l’UNSA

1- L’UNSA rappelle qu’aucune personne en France ne devrait vivre avec moins de 60 % du revenu médian et que la lutte contre la pauvreté doit impérativement s’accompagner d’une lutte contre les préjugés sur les personnes pauvres et d’un suivi humain et individualisé.

2- Parce que les prestations sociales sont un levier essentiel de lutte contre la pauvreté, l’UNSA revendique la mise en place d’une revalorisation supplémentaire automatique des prestations sociales et familiales dès que l’inflation dépasse 2 %.

3- De plus, l’UNSA rappelle sa proposition d’instaurer un revenue universel de solidarité, déconjugalisé, dès 18 ans, se substituent aux minima sociaux (RSA, ASPA, ASS, AAH, ASI) afin de garantir un revenu stable indexé sur le salaire médian.

4- Pour éradiquer le non-recours, il est urgent de passer d’une logique de droit quérable, à une logique de droits automatiques : les prestations sociales doivent être versées automatiquement.

5- La lutte contre le non-recours doit être autant investie que celle contre la fraude.

6- Enfin, l’UNSA demande une planification de la lutte contre la grande pauvreté en perspective avec le changement climatique, facteur supplémentaire d’exclusion.

Il est impératif d’agir sur tous les secteurs en lien avec la pauvreté, avec, en tête, les minima sociaux, le logement, l’accompagnement vers et dans l’emploi, la redistribution, la progressivité de l’impôt et les prestations familiales.

Les pouvoirs publics doivent s’investir pleinement dans la lutte contre la pauvreté, avec un pilotage national beaucoup plus fort,

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