Pauvreté des jeunes : des mesures d’urgence à prendre dès maintenant !

Le Haut Conseil de la famille (HCFEA) a publié son rapport sur les politiques sociales et fiscales en direction des jeunes adultes de 18 à 24 ans. L’UNSA, qui a pris part à ces travaux, appelle les pouvoirs publics à se saisir sans attendre de ces propositions pour faire reculer la pauvreté des jeunes.
Une jeunesse fortement précarisée
Les jeunes adultes sont exposés fortement à la pauvreté. Selon l’Insee, 17,5 % des 18-29 ans vivaient sous le seuil de pauvreté en 2023, contre 15,4 % pour l’ensemble de la population. D’après l’Observatoire de la vie étudiante, un sur cinq déclare ne pas pouvoir faire face à ses besoins fondamentaux (alimentation, loyer, factures) et plus d’un sur huit saute des repas faute de moyens suffisants.
Notre système laisse de nombreux jeunes sans filet de sécurité. Sauf exception, les moins de 25 ans n’ont pas accès au RSA : la France fait partie des rares pays de l’Union européenne qui maintiennent les jeunes adultes dans une forme de minorité sociale jusqu’à cet âge. Le RSA « jeune actif », réservé à ceux qui ont travaillé deux ans au cours des trois dernières années, ne comptait que 800 bénéficiaires fin 2024. Quant à l’allocation du contrat d’engagement jeune (CEJ), elle n’est versée que sept mois en moyenne, et le nombre de contrats reste rationné.
Ouvrir le RSA aux jeunes dès 18 ans
Le rapport propose d’ouvrir le RSA dès 18 ans aux jeunes non-étudiants en grande difficulté qui ne peuvent pas compter sur leurs parents : jeunes sortis de l’aide sociale à l’enfance, jeunes en rupture familiale ou dont les parents n’ont pas les moyens de les aider… Près de 170 000 jeunes pourraient être concernés, pour un coût maximal estimé à 1,1 milliard d’euros.
Pour l’UNSA, cette extension doit être engagée sans délai, comme une première étape. L’UNSA revendique d’aller plus loin en ouvrant le RSA à tous les jeunes dès 18 ans. À 18 ans, on est majeur et citoyen : rien ne justifie d’être exclu de la solidarité nationale !
Revaloriser les bourses et les ouvrir à davantage d’étudiants
Le rapport montre aussi que, faute de règle de revalorisation automatique, le pouvoir d’achat des bourses sur critères sociaux a baissé depuis 2013. Les plafonds de ressources, revalorisés une seule fois en douze ans, ont reculé de 13 % en euros constants.
Le rapport propose d’indexer chaque année le montant des bourses sur l’inflation, et les plafonds de ressources au moins sur l’inflation, idéalement sur les salaires ; de relever exceptionnellement tous les plafonds ; et de remplacer le système d’échelons par un barème linéaire pour supprimer les effets de seuil. L’aide spécifique annuelle des Crous destinée aux étudiants sans soutien familial mérite également d’être renforcée.
D’autres leviers à actionner rapidement
Le rapport ouvre plusieurs autres pistes, notamment :
- augmenter les aides au logement des étudiants dont les parents ont des revenus modestes ou intermédiaires ;
- cesser de pénaliser les jeunes de moins de 25 ans qui travaillent tout en vivant chez leurs parents allocataires du RSA, en ne comptant plus leurs revenus dans le calcul du RSA familial jusqu’à 1 351 € par trimestre, sur le modèle de l’abattement fiscal dont bénéficient les étudiants salariés ;
- mieux faire connaître le « RSA jeune actif » et en assouplir les conditions d’accès ;
- élargir l’accès à la complémentaire santé solidaire aux étudiants boursiers et aux étudiants reconnus précaires par les Crous ;
- développer l’offre de repas subventionnés des Crous le soir et le week-end.
Ces mesures doivent être engagées dès le prochain budget pour faire reculer la pauvreté des jeunes.
L’UNSA appelle les pouvoirs publics à s’en saisir sans attendre : laisser une partie de la jeunesse s’enfoncer dans la pauvreté, c’est hypothéquer son avenir et celui de toute la société.
Investir dans la jeunesse n’est pas une dépense : c’est un choix d’avenir !
