Risques professionnels : l’UNSA demande un changement de cap

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Le rapport annuel 2025 de l’Assurance Maladie – Risques professionnels confirme une situation préoccupante : 1 331 décès liés aux accidents du travail, aux accidents de trajet et aux maladies professionnelles, contre 1 297 en 2024. Avec 84 millions de journées d’arrêt de travail contre 78 millions un an plus tôt, ces chiffres rappellent l’urgence d’agir sur les conditions de travail. Pour l’UNSA, la prévention doit être placée au cœur des décisions des employeurs et des politiques de santé au travail.

Le constat est sans appel. Le rapport annuel de l’Assurance Maladie – Risques professionnels fait état d’une nouvelle dégradation de plusieurs indicateurs de santé et de sécurité au travail. En 2025, 1 331 décès ont été reconnus au titre des accidents du travail, des accidents de trajet et des maladies professionnelles, soit 34 de plus qu’en 2024. Dans le même temps, le nombre de journées d’arrêt de travail liées aux risques professionnels atteint 84 millions, contre 78 millions l’année précédente. Près de 700 000 accidents du travail, accidents de trajet et maladies professionnelles avec arrêt ou incapacité permanente ont été reconnus et indemnisés.

Au-delà de ces données, les conséquences sont concrètes pour les travailleurs et les organisations. Les arrêts de travail désorganisent les collectifs, fragilisent les équipes et peuvent accentuer la charge de travail des salariés présents. La dégradation des conditions de travail affecte également la santé physique et mentale, la qualité de vie au travail et la capacité à exercer durablement son activité. Pour l’UNSA, ces constats imposent aux employeurs de dépasser les seules obligations formelles et de faire de la prévention une priorité effective.

Les maladies professionnelles et les atteintes à la santé mentale progressent

Le nombre de maladies professionnelles augmente de 3,1 % en 2025. Cette hausse est principalement expliquée par les troubles musculosquelettiques (TMS), qui représentent près de 90 % des maladies professionnelles reconnues. Ces pathologies rappellent l’importance d’agir sur les conditions concrètes d’exercice du travail, les gestes répétitifs, les manutentions, les contraintes physiques et l’organisation des activités.

La progression des atteintes à la santé mentale est tout aussi préoccupante. Les affections psychiques reconnues comme maladies professionnelles augmentent de 9 % en un an et leur nombre a plus que doublé depuis 2020. Parallèlement, 35 500 accidents du travail associés à une affection psychique et/ou à un contexte de risques psychosociaux (RPS) ont été recensés en 2025, soit une hausse de 24 % en un an. Ils représentent 6,5 % de l’ensemble des accidents du travail.

Jeunes, femmes, intérimaires : des expositions inégales

  • Les données de l’Assurance Maladie mettent également en évidence la vulnérabilité de certains publics. Les salariés de moins de 25 ans représentent 11 % des effectifs du régime général, mais 16 % des accidents du travail et 23 % des accidents de trajet. Le manque d’expérience, une connaissance insuffisante des risques ou des difficultés à signaler une situation dangereuse peuvent contribuer à cette surexposition. Pour l’UNSA, la prévention doit commencer dès la formation initiale et se poursuivre à chaque prise de poste, notamment grâce à une formation adaptée aux risques réels et à un tutorat disposant de moyens et de temps dédiés.
  • La situation des femmes appelle également à une vigilance renforcée. Depuis 2000, les accidents du travail les concernant ont augmenté de 29 %, tandis que ceux des hommes diminuent (- 42%). Cette évolution interroge la prise en compte du genre dans les politiques de prévention. Pour l’UNSA, la répartition sexuée des métiers, les équipements parfois inadaptés, les différences d’exposition aux risques physiques et psychosociaux ainsi que les violences sexistes et sexuelles au travail doivent être mieux appréhendés. Par ailleurs les autorités compétentes doivent s’assurer du respect de l’obligation de prendre en compte l’impact du genre dans l’identification et la prévention des risques professionnels par les employeurs.
  • Les travailleurs intérimaires figurent eux aussi parmi les salariés particulièrement exposés. Ils représentent plus de 6 % de l’ensemble des accidents du travail et interviennent fréquemment dans des secteurs accidentogènes, comme le BTP, le transport ou la métallurgie. La succession des missions, la méconnaissance des lieux et des équipements ou un accueil insuffisant peuvent accroître les risques. Pour l’UNSA, le recours à l’intérim ne doit jamais conduire à une protection moindre. Cela nécessite de mettre en place des formations rémunérées et préalables à la prise de poste à la sécurité, une identification spécifique des risques et un accès aux mêmes mesures de prévention et d’équipements de protection que les salariés occupant des postes comparables dans l’entreprise ou l’administration utilisatrice.

Pour agir sur la santé des travailleurs, l’UNSA défend une approche globale de la santé au travail, fondée sur l’action en amont et l’amélioration durable des conditions de travail.

Cela nécessite de faire des conditions de travail un choix stratégique. La qualité de vie et des conditions de travail doit être considérée au même titre que les objectifs financiers et budgétaires dans les décisions des entreprises, des administrations et des services. Toute transformation de l’organisation doit intégrer ses conséquences sur la santé des salariés et des agents. Pour l’UNSA, la négociation – y compris interprofessionnelle – doit entrainer des accords normatifs et de nouveaux droits pour les travailleurs. Au niveau national, ces discussions doivent notamment s’appuyer sur les travaux de la Conférence Travail, Emploi, Retraite de 2026 pour apporter des réponses concrètes en matière de prévention, d’organisation du travail et de QVCT.

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