Un PLFSS 2027 sans vision et profondément inéquitable : le gouvernement fait encore payer les plus fragiles

Le gouvernement vient de présenter son projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027. Sous couvert de réduire le déficit, il choisit une nouvelle fois de faire porter l’essentiel des efforts sur les malades, les retraités et les familles, sans apporter de réponse structurelle aux enjeux du financement de notre système de protection sociale.
Pour l’UNSA, le redressement des comptes sociaux peut justifier que des efforts soient demandés. Mais ceux-ci ne peuvent être admis qu’à condition d’être justement et équitablement répartis. Or, avec ce PLFSS, ce sont avant tout les assurés sociaux qui vont payer la facture.
Les assurés sociaux mis à contribution, les plus fragiles en première ligne
Cette orientation est particulièrement visible en matière de santé. Avant même la présentation du PLFSS, plusieurs mesures réglementaires avaient déjà été arrêtées, augmentant le reste à charge pour les assurés, les victimes d’accidents du travail ou de maladie professionnelle, sur certains médicaments et soins dentaires. A cela s’ajoute le relèvement des plafonds annuels des franchises médicales et des participations forfaitaires, passant chacun de 50 à 70 euros. Pour les assurés concernés, ce sont jusqu’à 140 euros par an qui pourront rester à leur charge.
Les retraités sont eux aussi ponctionnés. Le gouvernement entend ainsi leur imposer plus de 4 milliards d’euros d’efforts à travers l’abaissement du plafond de l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions de retraite, qui passerait de 4 439 à 3 000 euros, mais aussi par la sous-indexation des pensions supérieures à 1 281 euros, soit 7 euros de moins que le seuil de pauvreté.
Les familles ne sont pas davantage épargnées. Près d’1 milliard d’euros d’économies est réalisé sur la branche famille, notamment à travers le gel d’un grand nombre de prestations et les mesures envisagées sur l’allocation de rentrée scolaire, qui affecteront directement les ménages les plus modestes.
Par ailleurs, l’UNSA dénonce l’instauration d’un délai de carence d’un an pour l’accès aux prestations familiales. Cette mesure discriminatoire est profondément choquante car elle induit de manière insidieuse une préférence nationale chère à l’extrême droite.
Au total, qu’il s’agisse des dépenses de santé, des pensions de retraite ou des prestations familiales, le gouvernement fait le choix de concentrer les efforts sur les assurés sociaux et les travailleurs plutôt que d’ouvrir un véritable chantier sur les ressources de la Sécurité sociale.
Quelques dispositions vont néanmoins dans une direction plus juste. C’est notamment le cas de la transformation de la majoration de pension de 10 % accordée aux parents de trois enfants et un dispositif forfaitaire.
L’UNSA considère également que le renforcement de la fiscalité sur les produits sucrés et transformés peut constituer un levier utile, dès lors qu’il s’inscrit dans une véritable politique de prévention en santé publique et contribue effectivement au financement de notre système de protection sociale.
Des économies immédiates sans réponse aux défis de demain
Les moyens consacrés à notre système de santé demeurent très en deçà des besoins. Le gouvernement propose ainsi un Objectif national de dépenses d’assurance maladie (ONDAM) limité à + 2 %. Un ONDAM insuffisant signifie concrètement davantage de tensions pour l’hôpital et le médico-social mais aussi de nouvelles difficultés d’accès aux soins pour les assurés.
L’UNSA regrette également l’absence de mesures à la hauteur des enjeux liés à la perte d’autonomie, pourtant au cœur des défis démographiques à venir. Au contraire, le PLFSS pour 2027 remet en cause l’universalité de l’allocation personnalisée d’autonomie !
Face aux efforts demandés aux assurés sociaux et aux travailleurs, l’UNSA considère que d’autres leviers doivent être mobilisés.
L’élargissement des assiettes retenues pour le calcul des allègements généraux de cotisations sociales constitue un premier pas. Mais il demeure insuffisant au vu des 75 milliards d’euros d’exonérations et allègements de cotisations sociales annuels accordés aux entreprises. Pour l’UNSA, ces aides doivent désormais être conditionnées à des engagements précis en matière d’emploi, de qualité de l’emploi, de salaires ainsi que de transitions écologique et numérique.
La contribution supplémentaire demandée aux entreprises demeure quant à elle extrêmement limitée. Dans le même temps, le gouvernement fait le choix ne pas mettre à contribution les ultra-riches, ni les groupes financiers parmi lesquels les entreprises privées lucratives qui gèrent les EHPAD.
En réalité, ce PLFSS ne dessine aucune vision durable pour l’avenir de notre modèle de protection sociale. Une nouvelle fois, le gouvernement privilégie les économies sur les dépenses et demande des efforts aux assurés sociaux et aux travailleurs sans engager le débat de fond pourtant indispensable sur les ressources de la Sécurité sociale.
La soutenabilité de notre système de protection sociale nécessite une répartition beaucoup plus juste des efforts, la recherche de nouvelles recettes et une véritable réflexion sur le financement de la Sécurité sociale.
