L’UNSA s’oppose à de nouvelles économies sur le dos des familles 

L’IGF et l’Igas ont rendu public un rapport sur l’efficacité des politiques familiales. Si le diagnostic est intéressant et rejoint plusieurs de nos analyses, l’addition, elle, n’est pas acceptable.  En effet, il est surtout question de faire plusieurs milliards d’économies nouvelles plutôt que des redéploiements plus justes et efficients.

Plusieurs constats du rapport rejoignent le diagnostic ancien de l’UNSA.

Les moyens ne sont pas toujours là où ils seraient utiles. Sur 119 milliards dépensés pour les politiques familiales, 20 % seulement vont aux dispositifs facilitant la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle. Nous préconisons de longue date un congé de naissance plus long et mieux rémunéré ainsi qu’une baisse du reste à charge pour les modes d’accueil.

Les inspections recommandent d’allonger les congés après la naissance, majoritairement sur le congé du second parent, et de conditionner cet allongement à une prise effective en dehors du congé de maternité. Cela corrobore nos propositions : sans partage, la parentalité continuera de peser unilatéralement sur les femmes, sur leurs carrières, leurs rémunérations et leurs retraites.

Un pilotage du service public de la petite enfance sans obligation réelle pour les communes reste incantatoire. Depuis l’adoption de la loi pour le plein emploi fin 2023, l’UNSA déplore l’absence de toute obligation de taux minimal de couverture des besoins imposé aux communes. Le rapport aboutit à la même conclusion et propose une cible pluriannuelle de couverture, assortie de sanctions pour les communes ne pouvant justifier l’absence de besoins. Nous soutenons cette orientation.

Les propositions sur le financement des modes d’accueil rejoignent également nos revendications. Les inspections suggèrent de passer d’un financement horaire à un financement à la demi-journée et de faire converger les micro-crèches Paje vers la prestation de service unique (PSU), ce qui mettrait fin à un système à deux vitesses.

Le rapport formule aussi d’autres observations pertinentes sur les dépenses actuelles :

  • Les dépenses globales favorisent les familles parmi les 20% les plus aisées au détriment des classes moyennes ou des foyers modestes qui pourraient être aidés davantage.  
  • Les majorations de pensions de retraites privilégient aussi les plus aisés et surtout les hommes au lieu de réduire les inégalités de genres.

La faiblesse majeure de ce rapport, c’est de proposer quasi exclusivement des choix d’économies plutôt que de corriger les déséquilibres qu’il identifie lui-même.

L’UNSA rejette ces nouvelles mesures d’économies réalisées sur les politiques familiales et revendique :

  • Aucune économie nette sur la branche famille : chaque euro dégagé doit être redéployé vers l’accueil du jeune enfant et le soutien aux familles modestes et moyennes.
  • Le versement des allocations familiales dès le premier enfant
  • L’individualisation sociale et fiscale qui permettrait plus de lisibilité, de justice et d’équité en matière de contribution des citoyens et des citoyennes à la solidarité.
  • De nouvelles mesures d’attractivité des métiers pour résorber la pénurie de professionnels
  • Un congé parental partagé plus long et des services pour les parents qui choisissent d’accueillir leurs enfants

Les politiques familiales ne sont pas une variable d’ajustement budgétaire. Elles sont un investissement dans l’avenir.

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