Emploi des jeunes : l’UNSA dit non au CPE 2.0


https://www.unsa.org/4628

Sous couvert de lutte contre le chômage des jeunes, le Medef propose la création d’un CDI pouvant être rompu sans motif pendant les premières années, assorti d’une remise en cause du SMIC et des protections existantes. Pour l’UNSA, ces propositions ne répondent en rien aux difficultés d’insertion des jeunes et organisent au contraire leur précarisation en en faisant des sous-travailleur·ses

Un CDI sans garanties : une fausse solution

Le Medef a récemment avancé l’idée d’un CDI « à droits progressifs », qui pourrait être rompu sans motif pendant les premières années. Officiellement, il s’agirait de « lever la peur de l’embauche » pour les jeunes peu ou pas qualifié·es. En réalité, cette proposition rappelle fortement le Contrat première embauche (CPE), massivement rejeté en 2006 par la jeunesse et retiré avant même son application.

Cette mesure s’inscrit dans une logique bien connue : sécuriser les employeur·euses en fragilisant les salarié·es, en particulier les plus jeunes qui devraient accepter l’instabilité comme prix d’entrée sur le marché du travail.

Une offensive globale contre les droits des jeunes

Le MEDEF ne s’arrête pas là. Il propose de moduler le SMIC pour certain·es jeunes, d’étendre le recours aux CDD, de supprimer les délais de carence entre contrats ou encore de faciliter le temps partiel. Présentées comme des outils d’« adéquation entre compétences et rémunération », ces mesures conduiraient surtout à une jeunesse moins payée, moins protégée et plus précaire.

La réalité du terrain ignorée

Ces propositions font l’impasse sur la réalité vécue par les jeunes : seuls 43 % des moins de 25 ans occupent un poste stable en CDI ou dans la fonction publique, contre 75 % en 1982. Le recours aux contrats précaires – CDD, intérim, alternance – s’est généralisé et le rendement des diplômes s’est érodé. Un diplômé de bac +2 a aujourd’hui 34 % de chances en moins qu’en 1983 d’occuper un emploi correspondant à sa qualification. Cette situation nourrit un sentiment de déclassement : 15 % des jeunes estiment que leurs compétences dépassent ce qui est attendu sur leur poste [1]..

L’insertion professionnelle des jeunes reste par ailleurs inégale : le chômage des 15-24 ans atteint 18,8% au 3e trimestre 2025, supérieur à la moyenne européenne (14,5 %), et plus de 12,5 % sont en situation de NEET (ni en emploi, ni en étude, ni en travail) [2] .

Les jeunes sont ainsi exposés à une double vulnérabilité : une précarité contractuelle et une difficulté à stabiliser leur trajectoire professionnelle.

L’UNSA s’oppose donc fermement aux propositions du Medef. La lutte contre le chômage des jeunes ne passera ni par la remise en cause du CDI, ni par la baisse des salaires, ni non plus par l’affaiblissement du droit du travail. Elle exige au contraire des emplois durables, une véritable politique de formation et une sécurisation des parcours professionnels.

Faire de la précarité la norme n’a jamais créé d’emplois de qualité. L’UNSA continuera de défendre une insertion professionnelle fondée sur la dignité, les droits et l’avenir des jeunes.

Crédit image : Drazen Zigic on Freepik

Notes

[1Haut Commissariat à la Stratégie et au Plan, Jeunesse d’hier et d’aujourd’hui : le grand déclassement ?, octobre 2025

[2Insee, 2025.

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