Vague de froid : protéger les travailleurs n’est pas une option
La France traverse depuis plusieurs jours une vague de froid marquée qui expose de nombreux salariés et agents à des risques professionnels réels. Face à cet aléa saisonnier, l’UNSA rappelle que la prévention n’est ni optionnelle ni secondaire.
Travailleurs en extérieur ou dans des entrepôts mal isolés, en déplacement ou en intervention : l’hiver et ses aléas climatiques tels que la neige ou le verglas peuvent directement toucher la santé au travail.
L’exposition au froid peut avoir des conséquences graves telles que des gelures, des crampes, l’apparition de troubles musculosquelettiques. Elle peut également entrainer une hypothermie, dont les symptômes vont des frissons et de la fatigue jusqu’à la perte de connaissance voire, dans les cas extrêmes, au coma et au décès. Il y a donc nécessité à d’identifier ces risques dans les documents uniques d’évaluation des risques professionnels (DUERP) et de prendre des mesures de prévention adaptées.
Tout comme les épisodes caniculaires, les périodes de grand froid supposent d’ajuster l’organisation du travail, de limiter l’exposition prolongée aux basses températures, de prévoir des pauses suffisantes dans des locaux chauffés et de mettre à disposition des boissons chaudes et des équipements de protection individuelle adéquats. Le travail isolé doit être évité autant que possible, ou sécurisé par des dispositifs d’alerte.
L’UNSA alerte également sur les risques accrus liés aux déplacements professionnels en cas de verglas ou de chutes de neige et demande - partout où cela est possible - le report des activités non urgentes, la sécurisation des accès et des parkings ainsi qu’un assouplissement des règles de recours au télétravail. Elle demande aux services de l’Etat de renforcer les contrôles pour préserver la santé des travailleurs et notamment ceux exerçant en extérieur et/ou dans des conditions difficiles.
A RETENIR : L’employeur est responsable de la santé et de la sécurité de ses salariés. Aussi il doit s’assurer de :
- Planifier le travail à l’extérieur en fonction des conditions météorologiques (BTP notamment) ;
- Limiter le travail en zone froide et prévoir un régime de pause adapté (mise à disposition de boissons chaudes avec local de repos chauffé, dans le respect des gestes barrières) ;
- Mettre à disposition des dispositifs localisés de chauffage pour les postes particulièrement exposés ;
- Mettre à disposition les protections individuelles adaptées : gants, caleçons longs, pantalons et vestes isolants, surpantalons, chaussettes, bonnets ;
- Éviter le travail isolé pour alerter les secours rapidement en cas de nécessité et éviter ainsi un retard de prise en charge sanitaire, sinon prévoir un système d’alarme en cas d’immobilité prolongée du travailleur.
Des dispositions de récupération des heures perdues peuvent être envisagées. A défaut d’accord, la récupération des heures ne peut augmenter la durée du travail de plus d’une heure par jour ni de plus de 8 heures par semaine.
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