Complémentaires santé : l’UNSA alerte sur des inégalités persistantes
L’étude publiée ce 1er avril par la DREES confirme une réalité que l’UNSA dénonce depuis des années. L’accès à une complémentaire santé reste profondément inégalitaire, au détriment des personnes les plus modestes, des chômeur·euse·s, des jeunes en insertion ou encore des ménages monoparentaux.
Alors que la complémentaire santé solidaire (C2S) devrait garantir une protection minimale, 7 % des personnes vivant sous le seuil de pauvreté n’ont aucune couverture complémentaire, soit plus du double de la moyenne nationale. Chez les chômeur·euse·s, ce taux grimpe à 11 %. Notre système laisse trop de monde de côté.
Pour l’UNSA, le constat est sans appel : se priver d’une complémentaire santé, c’est renoncer à des soins. Les raisons avancées – manque de moyens, démarches complexes, défaut d’information – montrent que les dispositifs actuels ne suffisent pas à garantir l’égalité d’accès.
La généralisation de la complémentaire santé d’entreprise et dans la fonction publique a réduit les inégalités entre salarié·e·s et agent·e·s publics. Mais elle a accentué la fracture avec celles et ceux qui doivent recourir à un contrat individuel, souvent plus cher et moins protecteur.
Face à cette situation, l’UNSA exprime trois revendications fortes :
• Repenser les critères d’éligibilité à la C2S. Le plafond actuel ne reflète pas les réalités économiques et sociales et exclut des millions de travailleur·euse·s précaires ou de personnes vivant juste au-dessus du seuil de pauvreté. Pour l’UNSA, il doit être revu et, a minima, aligné sur le seuil de pauvreté.
• Renforcer l’accès à la C2S. Cela nécessite une meilleure information des publics éligibles et une simplification réelle des démarches administratives, jusqu’à envisager une automaticité. L’UNSA refuse que les chômeur·euse·s, les retraité·e·s et les jeunes soient exclus de toute aide à l’acquisition d’une complémentaire santé. Pour ces publics, nous demandons l’ouverture de l’accès à la Complémentaire santé solidaire contributive.
• Encadrer davantage les contrats individuels, dont les tarifs pénalisent les ménages les plus fragiles.
Pour l’UNSA, la santé ne peut être un privilège. Elle doit être un droit effectif pour toutes et tous, sans condition de revenus, de statut ou d’âge.
Crédit image freepik