Pour une stratégie alimentaire qui protège vraiment
Après deux années de reports et de réécritures sous la pression des lobbies agroalimentaires, la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC), rendue publique le 11 février, reste très en deçà des enjeux de santé publique. Pour l’UNSA, ce texte, qui aurait dû marquer un tournant, se limite à des incitations et mise sur la bonne volonté des acteurs, loin de la trajectoire claire et ambitieuse qu’exige la situation.
Des reculs majeurs et quelques avancées
Alors que les preuves scientifiques s’accumulent sur les risques des aliments ultra transformés, le gouvernement choisit de « poursuivre l’expertise ». Les objectifs chiffrés de réduction de la publicité pour les produits trop gras, trop salés ou trop sucrés disparaissent purement et simplement. La stratégie fait également l’impasse sur la diminution de notre consommation de viande, pourtant identifiée comme un levier majeur pour la santé publique et le climat. Dans un contexte où les maladies chroniques liées à l’alimentation (diabète, obésité, maladies cardiovasculaires, dépression, etc.) ne cessent de progresser, ces renoncements sont, pour l’UNSA, particulièrement préoccupants.
La stratégie affiche malgré tout quelques avancées : une coordination interministérielle enfin structurée entre l’Agriculture, la Santé et l’Écologie, un objectif de 12 % de produits bio pour l’ensemble de la population et une obligation de transparence pour la grande distribution et la restauration commerciale sur leurs achats de produits « durables et de qualité ». Elle reconnaît également le rôle central des collectivités dans les projets alimentaires territoriaux et la restauration collective. Mais ces ambitions ne s’accompagnent ni de moyens supplémentaires ni d’outils contraignants. Pour l’UNSA, il s’agit d’avancées utiles, mais largement insuffisantes.
L’UNSA pour la transparence et la responsabilité
Pour être efficace, une politique alimentaire doit s’appuyer sur des mesures claires, lisibles et ambitieuses. L’UNSA demande la généralisation du Nutri Score afin de garantir à chacun·e une information simple et fiable sur la qualité nutritionnelle des produits. Nous appelons également à étendre les taxes comportementales aux aliments ultra transformés les plus riches en sucres et en graisses, afin d’encourager des choix plus sains et de compenser les coûts qu’ils font peser sur notre système de protection sociale.
Enfin, l’UNSA propose un système de bonus malus pour responsabiliser l’agro industrie : soutenir les entreprises qui améliorent leurs recettes et pénaliser celles qui persistent à commercialiser des produits nocifs. Un levier indispensable pour accélérer la reformulation et renforcer la prévention.
L’UNSA appelle à remettre la santé publique au cœur de la stratégie alimentaire et dénonce un texte qui ménage les intérêts industriels au détriment des citoyen·ne·s. Nous demandons au gouvernement de rétablir des objectifs ambitieux, lisibles et contraignants, de doter les collectivités des moyens nécessaires pour agir et de garantir enfin une alimentation protectrice, durable et accessible à toutes et tous.
