Développement des compétences au niveau européen : l’UNSA pour une stratégie ambitieuse
Le 13 février dernier, l’UNSA a participé à la conférence finale d’un projet européen coconstruit par les partenaires sociaux sur le développement des compétences et la réduction des inadéquations et pénuries de main d’œuvre sur le marché du travail.
Cette rencontre a permis de débattre des conclusions du rapport, issu de ce projet conjoint, et d’enrichir ses recommandations dans une perspective opérationnelle.
Un diagnostic globalement partagé
Le rapport met en lumière un décalage persistant entre compétences disponibles et besoins du marché du travail, ainsi qu’une anticipation et une adaptation insuffisantes des systèmes de formation. Il souligne également le rôle croissant des partenaires sociaux dans la conception des formations et des certifications comme dans l’accompagnement des reconversions et transitions professionnelles.
Les débats ont montré que les pénuries de main-d’œuvre ne peuvent être analysées uniquement sous l’angle technique des compétences. Pour l’UNSA, elles interrogent aussi l’attractivité des métiers, la qualité des emplois proposés et l’organisation et les conditions du travail.
Anticiper pour sécuriser les parcours
Il a été rappelé que l’anticipation ne doit pas se limiter à combler des besoins immédiats. L’enjeu est de préparer les travailleur·euses à des carrières longues, à la mobilité professionnelle, en priorité choisie, et aux évolutions technologiques.
Pour l’UNSA, l’amélioration des systèmes d’éducation et de formation professionnelle doit s’inscrire dans une logique de sécurisation des parcours et de développement des compétences transférables, permettant à chacun·e de s’adapter aux transformations du marché du travail.
Lier compétences et qualité de l’emploi
Dans les secteurs confrontés à des difficultés de recrutement – comme, par exemple, la logistique ou les métiers du soin – les tensions tiennent souvent à de faibles rémunérations, des conditions de travail dégradées et des perspectives de carrière limitées. Former davantage sans agir sur la qualité de l’emploi ne suffira pas.
Ainsi, pour l’UNSA, les politiques de développement des compétences et de formation professionnelle doivent être articulées avec des exigences sur la qualité de l’emploi, le respect du dialogue social et la valorisation des acquis de l’expérience.
Garantir le droit à la formation pour tous·tes
L’accès à l’orientation, à la reconversion et à la formation demeure inégal, notamment pour les salarié·es des TPE-PME, les seniors ou les moins qualifié·es. Les restrictions budgétaires des dernières années, notamment en France autour du Compte Personnel de Formation (CPF), fragilisent encore cet accès. Par ailleurs, l’UNSA rappelle que pour certains salariés·es, suivre une formation peut parfois entraîner une perte de revenus, voire un risque pour leur emploi.
Investir dans les travailleur·euses
Pour l’UNSA, les politiques de compétences ne doivent pas être réduites à un seul outil d’ajustement à court terme face aux pénuries de main-d’œuvre. Elles doivent être conçues comme un investissement social de long terme. Cela implique de renforcer la formation professionnelle initiale, de garantir le droit à la formation tout au long de la vie, réellement accessible et maîtrisé par les salarié·es, et d’en assurer un financement pérenne.
En parallèle, l’UNSA a également répondu à la consultation lancée par la Commission européenne sur l’enseignement et la formation professionnels.
Vous retrouverez cette contribution ci-dessous.
