Prix du carburant : des aides temporaires appelées à durer
Le gouvernement vient d’annoncer de nouvelles mesures destinées à amortir les conséquences de la hausse des prix du carburant liée à la guerre en Iran. L’UNSA prend acte de ces prolongations et renforcements d’aides. Ils constituent un soutien utile pour de nombreux salarié·es et secteurs économiques particulièrement exposés.
Alors que le conflit au Moyen-Orient s’installe dans la durée et affecte l’activité économique française, le gouvernement a annoncé près de 700 millions d’euros de mesures supplémentaires, venant s’ajouter aux dispositifs déjà décidés en avril (environ 470 millions d’euros). Plusieurs aides sectorielles sont prolongées jusqu’à la fin de l’été pour la pêche, l’agriculture, le BTP et les transports, tandis que certaines professions bénéficieront d’un accompagnement renforcé.
L’UNSA salue notamment l’augmentation de l’indemnité carburant pour les travailleur·euses modestes, les mesures destinées aux aides à domicile et aux agent·es de la fonction publique contraint·es d’utiliser leur véhicule et les dispositifs encourageant la transition vers des véhicules électriques pour certaines professions.
Ces mesures ciblées vont dans le sens des revendications exprimées par l’UNSA depuis plusieurs mois pour soutenir le pouvoir d’achat des salarié·es les plus exposé·es à la hausse des prix de l’énergie.
Cependant, l’UNSA déplore que les salarié·es intérimaires ainsi que les demandeurs et demandeuses d’emploi restent largement exclu·es de nombreux dispositifs alors même que l’augmentation des coûts de déplacement les touchent tout autant pour travailler ou trouver un emploi.
Par ailleurs, l’accent mis sur la prime carburant employeur comporte un risque d’accroissement des inégalités entre salarié·es car celles et ceux des petites entreprises, des associations ou des structures déjà fragilisées risquent de ne pas bénéficier du même soutien au vu de leur capacité.
Au-delà, une vigilance sur les surprofits potentiels que pourraient réaliser certaines entreprises est essentielle notamment par l’instauration d’une contribution temporaire de solidarité pour le secteur de l’énergie en cas de surprofits.
Enfin, pour l’UNSA, les mesures d’urgence doivent s’accompagner d’une stratégie de transformation durable permettant à la fois de protéger le pouvoir d’achat des travailleurs et de répondre aux enjeux climatiques. En effet, cette crise confirme la nécessité de réduire notre dépendance aux énergies fossiles. L’UNSA appelle à accélérer les politiques favorisant le développement des mobilités durables, l’accès des ménages modestes aux véhicules moins polluants et l’amélioration de l’organisation du travail et des déplacements via le dialogue social dans les entreprises et les branches.
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