Emploi et handicap : l’UNSA appelle à une approche rénovée
Dans son rapport d’évaluation des politiques publiques menées en faveur de l’emploi des travailleurs en situation de handicap, la Cour des comptes dresse un constat mitigé. Malgré un cadre législatif et des financements à hauteur de 2,9 Md€, l’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap reste largement en retrait des objectifs fixés. L’UNSA plaide pour une amélioration durable du pilotage des politiques publiques à destination des travailleurs handicapés et pour une vision rénovée des approches que l’État peut en faire.
Chaque année, près de 3 milliards d’euros sont mobilisés en milieu ordinaire et en secteur protégé pour l’insertion professionnelle des travailleurs en situation de handicap. Pourtant, leur taux d’emploi n’atteint que 39,3 % en 2023, contre près de 68 % pour l’ensemble de la population. Le taux de chômage demeure élevé, autour de 12 % contre 7% pour le reste de la population.
L’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH), fixée à 6 % dans les entreprises de 20 salariés et plus, reste insuffisamment respectée. En 2024, seules 35 % des entreprises assujetties atteignaient ce seuil par l’emploi direct, tandis que près de 28 % n’employaient aucune personne en situation de handicap, préférant s’acquitter d’une contribution financière.
La Cour des comptes pointe une obligation d’emploi affaiblie par des règles complexes, des dérogations multiples, des procédures de reconnaissance du handicap encore trop lourdes et une gouvernance éclatée, qui nuisent à l’efficacité globale de la politique publique.
Pour l’UNSA, ces constats appellent un changement de cap. L’inclusion professionnelle ne peut se limiter à une obligation formelle ou à des objectifs statistiques. Elle doit garantir des parcours professionnels sécurisés, un accès réel à la formation, des conditions de travail adaptées et le maintien durable dans l’emploi.
En ce sens, l’UNSA partage la nécessité de :
• Sortir des enjeux quantitatifs pour valoriser une approche plus qualitative (qualité de l’intégration, promotions, déroulement des carrières, etc.),
• Définir les missions et les moyens d’action des référents handicap et d’élargir leur désignation aux entreprises de plus de 50 salariés,
• Faire évoluer la stratégie ministérielle et la feuille de route de la conférence nationale du handicap afin de les articuler avec les politiques de santé au travail, de lutte contre les discriminations et de formation en prenant en compte la qualité de l’emploi et doter cette stratégie d’objectifs mesurables,
• Déployer une offre unifiée d’information et de conseil pour accompagner les employeurs notamment les petites structures.
L’UNSA appelle à une politique d’inclusion plus ambitieuse, plus cohérente et plus exigeante, fondée sur la dignité, la reconnaissance des compétences. Les moyens existent : ils doivent désormais produire des résultats à la hauteur des enjeux humains et sociaux.
