Assurance chômage : les allocataires reprennent rapidement un emploi


https://www.unsa.org/4937

Une étude récente de l’Unédic bat en brèche les idées reçues. La majorité des allocataires de l’assurance chômage retrouvent rapidement un emploi. Cependant, l’organisme paritaire montre que celui-ci est souvent précaire. Pour l’UNSA, il faut une inflexion des politiques publiques en la matière.

Sept ans que les droits des demandeur·euses d’emploi ne font que baisser : réduction de 25 % de la durée maximale d’indemnisation, baisse de l’allocation chômage pour les personnes en contrats courts, durcissement des conditions d’accès à l’indemnisation etc.

Des a priori largement infirmés

Tout ceci décidé par les précédents gouvernements sous couvert que les chômeur·euses ne retrouveraient pas assez vite un emploi, qu’ils ou elles se satisferaient d’alterner contrats courts et indemnisation chômage. Bref, un procès en « paresse », : le chômage serait de la faute des chômeur·euses - qui profiteraient du « système » - tout comme le recours aux contrats courts. Le rôle des employeurs, de la conjoncture ou des incitations juridiques étant largement minimisés.

Pourtant, les études ne manquent pas. En pleine réforme restreignant l’accès à l’indemnisation chômage, la Dares démontrait en 2021que l’augmentation des contrats courts n’était pas imputable ni aux règles de l’assurance chômage ni au comportement des demandeur·euses d’emploi. D’autre part, le non-recours à l’assurance chômage atteindrait 30 %, porté notamment par les actif·ves en contrats courts.

En outre, l’évaluation de la réforme de l’assurance chômage de 2019-2021 a prouvé que l’objectif d’améliorer l’accès à un emploi durable n’a pas été atteint et que la situation financière des allocataires s’est largement aggravée.

Les chômeur·euses retrouvent rapidement un emploi

L’étude de l’Unédic, parue début juin, indique que c’est dans les premiers mois de l’indemnisation que les demandeur·euses d’emploi sont les plus nombreux·euses à retrouver un emploi. En effet, la probabilité de reprise d’emploi se situe entre 18 % et 22 % avant même d’avoir été indemnisé, puis entre 9 % et 11 % au premier mois d’indemnisation et entre 7 % et 9 % au deuxième mois d’indemnisation. Ainsi, au 4e mois d’indemnisation, plus de la moitié des allocataires ont retravaillé. Aussi, 80 % des personnes qui ont un droit maximal d’indemnisation de 18 à 24 mois trouvent un emploi au cours de leur droit.

Néanmoins, il ressort également que la première reprise d’emploi ne débouche sur un emploi pérenne que pour 1 allocataire sur 4, un tiers des premiers emplois repris durant 6 mois ou plus.

Pour une assurance-chômage protectrice et une limitation des contrats courts

Face à ces constats, pour l’UNSA, il faut en finir avec les réductions des droits à l’indemnisation chômage, et infléchir le cap. De plus, l’argument budgétaire ne tient pas quand la dette de l’Unédic provient en grande partie des politiques publiques de l’État durant la crise sanitaire, ce dernier ayant également ponctionné plus de 12 milliards d’euros de recettes de l’organisme d’assurance chômage entre 2023 et 2026.

Pour l’UNSA, il faut une vraie politique de lutte contre la précarité de l’emploi et l’explosion des contrats courts, notamment en :

  • Instaurant un système de bonus-malus sur les contrats courts pour les entreprises, étendu à tous les secteurs d’activité ;
  • Limitant l’usage du CDD d’usage (CDDU) aux secteurs où il est vraiment indispensable ainsi qu’en revoyant les secteurs et métiers éligibles ;
  • Généralisant la prime de précarité aux CDDU ;
  • Mettant en place une obligation réelle de proposition par l’entreprise d’un CDI si le CDDU est utilisé de manière récurrente dans la même entreprise.

Crédit image : pressfoto on Magnific

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