Bilan démographique 2020 : des défis à relever pour la protection sociale

L’INSEE vient de publier les chiffres de la démographie 2020. L’impact de la crise COVID y est mis en lumière, mais au-delà de l’année écoulée, les projections jusqu’en 2070 sont éclairantes sur les défis à relever notamment en matière de protection sociale. L’UNSA en analyse les données clés.

Quelques chiffres
La France compte 67,4 millions d’habitants au 1er janvier 2021 (soit +0,3% en 2020).
Son taux de fécondité demeure parmi les plus élevé d’Europe (1,84) même si celui-ci est cependant à observer sur le court et moyen terme, notamment en raison de la crise COVID, mais également parce qu’il a tendance à baisser depuis 2015 (1,95).
Les chiffres montrent par ailleurs que le vieillissement des générations du baby-boom entraîne une hausse de la mortalité jusqu’en 2040.
La surmortalité due au COVID renforce conjoncturellement cette tendance puisqu’on enregistre une très nette augmentation des décès en 2020 (+ 45 000).
Hors crise COVID, l’espérance de vie à la naissance continue de s’améliorer grâce à la baisse de la mortalité due aux infections et aux maladies cardio-vasculaires. Toutefois, on observe un ralentissement de cette évolution dont la cause reste à déterminer (structurelle, conjoncturelle ?).
La baisse observée en 2020 (0,4 an pour les femmes et 0,5 an pour les hommes) est évidemment liée à la crise COVID. A plus long terme, les statisticiens de l’INSEE tablent sur une hypothèse basse de progression de l’espérance de vie à la naissance jusqu’en 2070.
A noter que l’espérance de vie sans incapacité (ou en bonne santé) se situait en 2018 à 64,5 ans pour les femmes et 63,4 ans pour les hommes. Cet indicateur est stable depuis 10 ans.
S’agissant du vieillissement de la population, celui-ci s’accélère.
Si les 65 ans et + représentent 13,8 millions de personnes en 2020 (20,5% de la population totale), elles seront 18,9 millions en 2040 (26,1%) et 21,9 millions en 2070 (28,7%). La progression est moindre à compter de 2040 en raison de la fin de l’effet baby-boom.
Les 80 ans et + représentent 4,2 millions de personnes en 2020 (6,2%). Elles seront 6,9 millions en 2040 (9,6%) et 9,9 millions en 2070 (13%).
Enfin, le ratio de dépendance entre les 20-65 ans et les + 65 ans s’établit à 36,9% en 2020, à 49% en 2040 et 55,6% en 2070 selon un scénario prudent en terme de fécondité, d’espérance de vie et une prévision moyenne d’immigration.

L’analyse de l’UNSA
Ces données et projections statistiques doivent collectivement nous interroger sur l’avenir de la protection sociale en France. La baisse de la fécondité associée au vieillissement de la population et à la nette progression du nombre de personne dans la tranche du grand-âge va notamment poser la question du financement et de l’orientation de notre système (augmentation des dépenses d’Assurance Maladie, de la prise en charge de la dépendance, etc).
Pour l’UNSA, il faut donc d’ores et déjà s’appuyer sur ces données pour nourrir un large débat sur l’avenir de notre protection sociale et ouvrir une réelle concertation avec l’ensemble des acteurs dont les partenaires sociaux.

Assurer le renouvellement des générations grâce à des politiques familiales adaptées, améliorer la politique de santé publique notamment grâce à une prévention accrue, définir une politique de la dépendance pour faire face au défi du vieillissement, voici quelques aspects sur lesquels l’UNSA est prête à apporter sa contribution dans un système de protection sociale renforcé pour celles et ceux qui en ont besoin et plus équitable pour ses contributeurs.

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