L’Europe face à la pandémie de Covid-19

Près de 4 mois après l’apparition des premiers cas en Chine, l’épidémie de Covid-19 est aujourd’hui une pandémie d’ampleur, une urgence de santé publique de portée internationale, dont l’Europe est devenue l’épicentre début mars avec une accélération quotidienne depuis le 11 mars.

Cette crise sanitaire inédite nécessite des réponses étatiques et européennes à la hauteur des défis sanitaires et socio-économiques qui s’annoncent en conséquence. Les États membres en première ligne ont répondu à l’urgence de leur propre situation par des mesures nationales et des stratégies variées.
L’Europe, réduite à une compétence d’appui en matière de santé, mais disposant de compétences plus larges en matière budgétaire, de marché intérieur ou de frontières, répond au besoin de coordination européenne contre le risque de repli nationaliste, vient compléter les mesures des États membres et mobilise ses dispositifs d’urgence et de solidarité spécifiques.

Face à l’ampleur de la crise sanitaire, sociale et économique, l’Europe agit pour garantir la santé et la sécurité de toutes et tous, ainsi que pour sauvegarder les systèmes de santé et les économies. Ses priorités en la matière sont de :

  • limiter la propagation du virus notamment par la fermeture des frontières de l’espace Schengen, appelant les États membres qui ferment leurs propres frontières à des mesures proportionnées et efficaces, et garantissant la libre circulation des matériels médicaux et denrées essentielles
  • assurer la fourniture du matériel médical notamment en limitant son exportation et en apportant une aide à la production et à l’importation de matériel
  • promouvoir la recherche en débloquant 180 millions d’euros
  • accompagner les populations transfrontalières
  • contrer les impacts socio-économiques notamment en adaptant les règles relatives aux aides d’état, en utilisant la flexibilité prévue par le Pacte de stabilité et de croissance, en débloquant 37 milliards d’euros au titre de la politique de cohésion et en rappelant que les partenaires sociaux sont les alliés essentiels pour faire face aux futures conséquences socio-économiques
  • aider au retour des citoyen.ne.s bloqué.e.s dans les pays tiers en organisant le rapatriement et en faisant appel au Mécanisme de protection civile de l’Union européenne
  • soutenir l’activité économique notamment par un plan de rachat d’urgence pandémique à hauteur de 750 milliards d’euros par la Banque Centrale Européenne (permettre aux États et aux entreprises de la zone euro, en rachetant leurs dettes, de garantir leur crédibilité auprès des banques et des marchés), qui viennent s’ajouter aux 120 milliards d’euros annoncés le 12 mars

La Commission européenne envisage aussi de pouvoir étendre le champ d’application du Fonds de solidarité à la crise de santé publique, ce qui donnerait la possibilité de mobiliser 800 millions d’euros. Elle annonce également l’accélération de la proposition relative à un régime européen de réassurance chômage pour aider les politiques nationales à préserver les emplois et les compétences.

Des réponses à apporter
Cette situation sans précédent appelle une réponse urgente et à long terme, un plan coordonné au niveau européen qui protège notamment l’emploi et les plus précaires. L’Europe doit être en capacité de s’adapter et d’anticiper, doit faire preuve de diligence et doit se réinventée pour parvenir à surmonter cette crise.

Si l’heure est à la gestion de l’urgence sanitaire, elle pose la question importante des ressources propres de la Commission européenne au cœur des débats sur le budget pluriannuel 2021-2027 dans l’impasse à l’heure actuelle, qui doit permettre de mettre en œuvre une stratégie d’investissement ambitieuse, et doit être plus que jamais à la hauteur des défis envisagés notamment en matière d’environnement et d’intelligence artificielle, secteurs créateurs d’emplois dont l’Europe aura besoin au sortir de cette crise sanitaire.

Le fonds de 37 milliards d’euros, issu de fonds structurels non dépensés, pour lutter contre les effets de la pandémie de Covid-19, loin d’être à la hauteur des annonces d’endettement des États pour y faire face, témoigne de cette difficulté à disposer de ressources propres. Pour autant, d’autres fonds pourraient être mobilisés et l’Italie, notamment, en appelle à l’activation du Mécanisme européen de stabilité, doté de 410 milliards d’euros, ainsi qu’à une mutualisation de la dette.

Réaction de la CES
La Confédération Européenne des Syndicats (CES) salue les mesures prises par la Commission européenne, notamment toutes celles qui visent à garantir les systèmes de santé en insistant sur la nécessaire protection des travailleur.se.s, de leur emploi, de leur rémunération et des instruments de protection sociale mais craint que les montants des fonds alloués ne soient pas suffisants.

La CES faisant le constat que les mesures d’austérité, qui ont fait suite à la crise financière de 2008-2009, ont conduit à la dégradation des services stratégiques, notamment publics, des États, ce qui est confirmé par la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui, souligne que l’austérité n’est pas la solution pour faire face à la crise économique et sociale majeure qui nous attend.

La CES alerte sur le risque de spéculation et réclame des mesures de régulation financière. Les financements débloqués doivent servir à l’économie réelle et aux citoyen.ne.s dans le but de protéger les économies, de promouvoir l’investissement et de développer les emplois, quitte à utiliser l’option de la monnaie « hélicoptère » afin que l’argent soit versé directement aux citoyen.ne.s.

Révision du cadre fiscal, lutte contre l’évasion et la fraude fiscales, revitalisation des services publics, révision de la gouvernance économique et du système financier européens sont, entre autres, des pistes de travail avancées par la CES pour agir et répondre efficacement à cette crise sans sacrifier les citoyen.ne.s et les travailleur.se.s.

À cet effet, la CES a lancé un appel aux institutions européennes et aux États pour des mesures macroéconomiques extraordinaires afin de faire face à l’urgence de Covid-19. Cet appel est largement soutenu par nombre d’économistes, universitaires, personnalités, organismes et syndicalistes.
L’UNSA invite toutes ses composantes à signer cet appel à leur tour.

Par ailleurs, la CES appelle à porter une attention particulière aux plus démuni.e.s et aux secteurs moins bien protégés et notamment :

  • aux travailleur.se.s migrant.e.s, les premier.ère.s à perdre emploi et revenus et vivant dans des conditions de travail, de santé et de logement dégradées, particulièrement quand il s’agit de centres de rétention ou de camp de réfugié.e.s surpeuplé aux conditions sanitaires minimales
  • aux travailleur.se.s transfrontalier.ère.s
  • aux travailleur.se.s indépendant.e.s au regard de la prise en charge de la maladie et de leur revenu en cas d’arrêt d’activité
  • aux travailleur.se.s des plateformes et autres formes de travail atypiques, en demandant la même protection que pour les travailleur.se.s « ordinaires »
  • aux femmes et aux jeunes, parmi les travailleur.se.s les plus fragiles.

En vue d’être utile à ses membres, la CES met à leur disposition une page web dédiée pour partager ses positions et ses actions, les déclarations des partenaires sociaux européens, les publications des organisations syndicales nationales et sectorielles membres de la CES, ainsi que les accords bipartites ou tripartites des États ou des partenaires sociaux visant à gérer la crise sanitaire, sociale et économique quand ils existent.
La CES appelle également tous ses membres à partager informations et bonnes pratiques et notamment les Comités d’Entreprises Européens amenés à signer des accords dans le cadre de Covid-19 et ses conséquences.

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