Prévention santé : l’UNSA devant la mission parlementaire
L’UNSA a été auditionnée par la mission parlementaire confiée par le Premier ministre au député Cyrille Isaac-Sibille, chargée de définir une politique ambitieuse de prévention primaire en santé. Cette audition a permis à notre organisation de présenter une vision structurée et exigeante de la prévention.
Placer la prévention au cœur de notre modèle social
L’UNSA a rappelé que la prévention primaire doit devenir un investissement stratégique pour la Nation. Aujourd’hui, les politiques de prévention restent dispersées, insuffisamment pilotées et évaluées, malgré des financements importants. Pour sortir de cette fragmentation, l’UNSA défend une stratégie lisible, fondée sur des priorités nationales, des objectifs mesurables et une gouvernance forte.
L’UNSA demande la création d’un référent national unique de la prévention, chargé de coordonner l’ensemble des acteurs : État, Assurance maladie obligatoire et complémentaire, ARS, services de prévention et de santé au travail, collectivités, branches professionnelles et partenaires sociaux, afin d’assurer la cohérence des actions et leur évaluation. Cette gouvernance doit également garantir un accès sans reste à charge à tous les actes de prévention. Cela implique l’interdiction des dépassements d’honoraires pour les dépistages, vaccinations et consultations préventives.
Le travail, un lieu essentiel pour agir en amont
L’UNSA a souligné que les lieux de travail constituent un espace privilégié pour mener des actions de prévention accessibles et adaptées. Nous avons rappelé la distinction entre l’obligation de sécurité de l’employeur, qui relève du Code du travail et ne peut être déléguée, et la prévention primaire. Cette dernière s’inscrit dans une logique d’intérêt général et doit être co-construite avec les partenaires sociaux, les services de prévention et de santé au travail, les CARSAT, les CPAM et les complémentaires santé.
Cette approche permet de toucher l’ensemble des travailleurs, y compris ceux qui renoncent aux soins. Elle ouvre la voie à des actions concrètes : activité physique, vaccination, dépistage, prévention des risques psychosociaux, sensibilisation aux addictions, accompagnement sur la santé mentale. L’UNSA a également insisté sur la nécessité d’un accompagnement renforcé des TPE-PME, qui disposent rarement des moyens pour structurer une démarche de prévention. Les branches professionnelles et les dispositifs de haut degré de solidarité doivent aussi jouer un rôle pour réduire ces inégalités.
Complémentaires santé et branches professionnelles : des leviers à mobiliser
Pour l’UNSA, les complémentaires santé et institutions de prévoyance disposent d’un potentiel sous exploité. Leur action doit dépasser la seule logique de remboursement pour devenir un levier de prévention. Cela suppose une meilleure utilisation des données anonymisées, un pilotage plus transparent des contrats collectifs et la mise en place de commissions de suivi obligatoires associant les partenaires sociaux pour identifier les besoins réels.
Les branches professionnelles constituent selon nous un échelon pertinent pour mutualiser les diagnostics, élaborer des référentiels métiers, financer des actions ciblées et accompagner les entreprises, notamment les plus petites. Leur mobilisation est indispensable pour réduire les inégalités sociales de santé.
D’autres propositions pour une prévention efficace
L’UNSA a préconisé plusieurs mesures fortes : développement d’une prévention personnalisée grâce aux données de santé, renforcement de la santé environnementale, augmentation de la part des taxes environnementales affectées à la Sécurité sociale, intensification des taxes comportementales sur les produits nocifs et obligation du Nutri-Score.
Notre audition a permis d’exprimer une vision ambitieuse, durable et équitable de la prévention primaire, au service d’un système mieux coordonné, plus accessible et plus efficace pour l’ensemble de la population. L’UNSA continuera à contribuer aux travaux de la mission parlementaire et à promouvoir une politique de prévention fondée sur la cohérence, l’efficacité et la réduction des inégalités sociales de santé.
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