Prix du carburant : un geste attendu
Le gouvernement a annoncé la mise en place d’une aide à l’achat de carburant pour les travailleurs et les travailleuses modestes utilisant intensivement leur véhicule pour leur activité professionnelle. L’UNSA salue l’initiative mais attend d’autres actes, notamment la possibilité de taxer les superprofits.
Quasiment deux mois après le début de la guerre au Moyen-Orient et la hausse des prix du carburant, des mesures visant à soutenir le pouvoir d’achat des travailleurs et travailleuses sont enfin prises par le gouvernement.
L’indemnité forfaitaire versée sera équivalente à 20 centimes d’euros par litre de carburant. Elle sera réservée aux foyers dont le revenu fiscal est inférieur à 17 000 euros annuels pour une personne seule. Les bénéficiaires devront posséder un véhicule, rouler au moins 8 000 kilomètres par an ou habiter à plus de 15 km de leur lieu de travail. L’aide sera octroyée à partir de fin mai, pour 3 mois (avril mai et juin) de manière rétroactive. Elle pourrait concerner 2,9 millions de personnes.
L’UNSA, qui réclamait une aide ciblée pour les salarié·es modestes, ne peut qu’approuver ce premier pas de soutien au pouvoir d’achat. En fonction de l’évolution de la situation et des effets de bords éventuels, il conviendra d’ajuster le dispositif pour qu’il soit aussi protecteur que possible pour celles et ceux qui en ont le plus besoin.
Au-delà, pour l’UNSA, une vigilance s’impose sur les surprofits potentiels que pourraient réaliser certaines entreprises notamment par l’instauration d’une contribution temporaire de solidarité pour le secteur de l’énergie.
Par ailleurs, dans ce contexte et compte tenu du poids négatif des énergies fossiles dans le changement climatique, notre dépendance à ces dernières nécessite une impulsion accrue vers l’électrification des usages et l’utilisation des mobilités douces.
Pour l’UNSA, il faut rendre le forfait mobilité durable plus favorable et soutenir l’accès des ménages les plus modestes aux véhicules les moins polluants. Grâce au dialogue social dans les entreprises, tenter également de limiter et fluidifier les temps de trajets des salarié·es qui n’ont pas d’autre choix que d’emprunter leur véhicule. Autant de mesures qui peuvent être activées rapidement et dont les effets se feront sentir à court terme.