Sommet du L7 : l’UNSA porte la voix des travailleurs·euses face aux déséquilibres mondiaux


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À l’approche du sommet des dirigeant.es du G7, qui rassemble les principales économies industrialisées démocratiques (France, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni, États-Unis et Canada), les organisations syndicales des pays du G7 se sont réunies le 5 mai dans le cadre du Labour 7 (L7) à Paris. Coordonné par la Confédération syndicale internationale (CSI) et le TUAC (commission syndicale consultative auprès de l’OCDE), ce forum constitue l’espace de dialogue et de propositions des syndicats auprès du G7.

Alors que la France assure la présidence du G7 en 2026, les travaux du L7 avaient pour objectif de replacer la justice sociale, le travail décent et les droits des travailleurs au cœur des priorités internationales.

Une forte mobilisation syndicale française

L’UNSA a pris une part active à ce sommet au sein de la délégation française, aux côtés de représentant.es de la CFDT, la CGT, FO et de la CFE-CGC. La journée comportait plusieurs tables rondes consacrées notamment au travail décent, aux inégalités, au multilatéralisme, à la transition énergétique et au commerce international. Elle a été marquée par la présence de Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, et de Nicolas Forissier, ministre délégué au Commerce extérieur et à l’Attractivité, illustrant l’importance de ces échanges dans la perspective des échéances du G7.

Des inégalités devenues structurelles

Les débats ont été nourris par des interventions d’expert.es et d’acteurs et actrices institutionnel.les de premier plan. L’économiste Thomas Piketty a notamment rappelé que les inégalités atteignent aujourd’hui des niveaux structurellement élevés, y compris dans les économies du G7. Selon les données du World Inequality Lab, depuis 2000, les 1 % les plus riches ont capté près de 41 % de la richesse créée, contre seulement 1 % pour la moitié la plus pauvre de la population. Ces déséquilibres ne sont pas une fatalité économique, mais résultent de choix politiques favorisant le capital au détriment du travail et affaiblissant la négociation collective. Dans ce contexte, la réduction des inégalités représente un impératif à la fois démocratique, social et économique.

Défendre le multilatéralisme et la justice sociale

Les échanges ont également porté sur la crise du multilatéralisme. Le politologue Bertrand Badie a souligné la nécessité de repenser en profondeur la gouvernance internationale, en donnant toute sa place à la dimension sociale et aux acteurs non étatiques, dont les organisations syndicales. Dans un monde marqué par de fortes interdépendances et par la multiplication des tensions, l’UNSA rappelle qu’aucun progrès économique durable ne peut être envisagé sans progrès social et humain. La justice sociale constitue plus que jamais une condition de la paix et de la stabilité.

Face aux logiques de prédation et de concurrence généralisée qui prévalent trop souvent sur celle du partage, il est impératif de défendre le multilatéralisme, la régulation et le droit international afin de garantir les droits sociaux et humains.

Pour un commerce international plus équitable

A la veille de la réunion ministérielle Commerce, l’UNSA a également rappelé que le commerce international ne peut plus être pensé uniquement en termes de volumes d’échanges et d’avantages comparatifs. La mondialisation des échanges s’accompagne trop souvent d’un nivellement par le bas des normes sociales et salariales, y compris pour les travailleurs des pays du G7. Ces pays ont la responsabilité d’impulser un changement de cap vers un modèle commercial plus équitable, fondé sur l’intégration des normes de l’OIT et le renforcement des contrôles et de véritables conditionnalités sociales.

Les priorités des organisations syndicales

Au terme de ces travaux, les organisations syndicales des pays du G7 ont réaffirmé leurs préconisations :
– placer la justice sociale et la réduction des inégalités au cœur de l’action du G7 ;
– instaurer une fiscalité équitable et progressive ;
– faire du travail décent et des emplois de qualité une priorité ;
– augmenter le montant de l’aide publique au développement et réformer les règles économiques internationales pour favoriser des investissements durables ;
– garantir le respect effectif des droits du travail et des normes de l’OIT ;
– conditionner les politiques commerciales au respect des normes sociales et au développement d’emplois décents.

L’UNSA pleinement engagée

L’UNSA était fortement représentée tout au long de ce sommet et a contribué activement aux échanges et aux positions exprimées collectivement.

Elle a par ailleurs organisé un webinaire d’information à destination de ses militants dès le 6 mai, afin de partager les enjeux du L7 et les priorités syndicales dans la perspective de la présidence française du G7.

Dans un contexte international marqué par de fortes incertitudes, l’UNSA maintient une exigence claire : faire de la justice sociale, du dialogue social et du travail décent les piliers d’un modèle économique durable, démocratique et solidaire, aux niveaux national, européen et international.

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