Augmentation des forfaits hospitaliers : une attaque contre les plus modestes
La publication récente de l’étude de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) aurait dû provoquer un électrochoc. Elle démontre sans détour que notre système de santé pénalise déjà lourdement les ménages modestes. À revenu comparable, leur reste à charge est nettement plus élevé que celui des ménages aisés et ce malgré l’existence de la C2S. Mais il y a plus grave.
Pour la hausse des franchises médicales et les différents déremboursements, l’étude souligne que le coût rapporté au revenu est deux fois plus élevé pour les ménages modestes. Le constat est sans appel.
Dans ce contexte, l’augmentation des forfaits hospitaliers est une décision profondément injuste et socialement irresponsable. Elle frappe les assurés sociaux les plus fragiles : celles et ceux qui ne disposent pas d’une complémentaire santé ou qui n’ont pas les moyens financiers d’en souscrire une. Aujourd’hui, 2,5 millions de personnes, soit 4 % de la population, en sont dépourvues, un chiffre qui grimpe à 12 % parmi les 10 % les plus pauvres. Pour ces publics, cette hausse n’est pas un simple ajustement tarifaire : c’est une barrière supplémentaire à l’accès aux soins.
Le gouvernement ne peut pas ignorer les conséquences de ses choix. Les données sont connues, les alertes se multiplient, les inégalités sont documentées. Pourtant, rien ne change. Pire, les décisions prises aggravent les fractures sociales et sanitaires existantes.
Affirmer que les complémentaires santé absorberont l’augmentation des forfaits hospitaliers relève du mensonge. Chacun sait que cette hausse sera mécaniquement répercutée sur les cotisations. Une fois de plus, ce sont les assurés qui paieront la facture — toujours les mêmes : les plus modestes.
Pour l’UNSA, cette situation est inacceptable. La santé ne peut pas devenir un luxe réservé à celles et ceux qui ont les moyens. En augmentant les forfaits hospitaliers, le gouvernement organise le renoncement aux soins et tourne le dos aux principes de solidarité qui fondent notre système de protection sociale.
Loin de renforcer l’équité, cette mesure affaiblit notre système de santé et éloigne davantage les populations vulnérables d’un accès effectif aux soins. L’UNSA exige l’abandon immédiat de cette augmentation et l’ouverture de négociations afin de garantir un accès aux soins égal pour toutes et tous.
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