« Agir pour les aidants » : un pilier pour la future loi de programmation

La stratégie 2020-2022 "Agir pour les aidants" a été présentée le 23 octobre par le Premier Ministre. Pour l’UNSA, elle doit être intégrée dans une loi de programmation ambitieuse au service des personnes en perte d’autonomie afin de donner sens et cohésion pour l’ensemble de la société.

La stratégie 2020-2022 de mobilisation et de soutien "Agir pour les aidants" met en évidence de nombreux thèmes prioritaires :
• la reconnaissance par la société du rôle des aidants et de leur quotidien,
• la difficulté à s’identifier comme aidant,
• les risques pour leur santé,
• la difficulté à concilier vie familiale et vie professionnelle,
• la nécessaire prise en compte des jeunes aidants

Les aidants sont de véritables acteurs, leur implication est indispensable à la construction de la société inclusive. Ils facilitent le maintien à domicile en milieu ordinaire des personnes concernées.

L’UNSA a salué en mai 2019 la loi reconnaissant les proches aidants en rendant obligatoire la négociation dans les branches. Alors que 61 % des aidants travaillent, il est en effet nécessaire de mettre en œuvre des mesures destinées à la conciliation vie professionnelle – vie personnelle. La possibilité d’abonder le compte personnel de formation dans le cadre d’un accord collectif va également dans le bon sens.

Parmi les 17 mesures présentées, la reconnaissance des proches aidants ouvre de nouveaux droits sociaux, notamment l’indemnisation du congé proche aidant, prévue dans le PLFSS 2020. Ce nouveau droit est également assorti de mesures au titre des droits à la retraite et pourra être pris sans condition d’ancienneté dans l’entreprise. Cependant, d’autres négociations dans les entreprises, quelle que soit leur taille, seront nécessaires notamment pour que l’aidant puisse aménager ses horaires de travail et bénéficier d’une surveillance renforcée par la médecine du travail car il subit une pression importante que le monde du travail ne peut ignorer.

L’UNSA estime qu’une évaluation du droit au répit mis en place par la loi Adaptation de la Société au Vieillissement du 28 décembre 2015, est également nécessaire car il présente de nombreuses limites :
• Il requiert une saturation d’un plan d’aide avant d’être mobilisé,
• Il ne constitue pas un droit opposable de l’aidant,
• Et surtout, le montant de l’allocation de répit apparaît dérisoire (500 €) au regard des prix pratiqués pour le service
Aussi l’UNSA demande une augmentation de l’allocation de répit et sa déconnexion de l’Allocation de Perte d’Autonomie afin de passer du symbole à l’effectivité.

L’UNSA sera très vigilante à l’évaluation de l’expérimentation du « baluchonnage » ou « relayage » prévue dans la loi Pour un État au service d’une société de confiance. En effet, l’UNSA aurait pu souscrire au modèle innovant de répit conçu au Québec, mais sa conception ici est uniquement basée sur une dérogation au droit du travail et aux dispositions conventionnelles.

Pour l’UNSA, elle doit être intégrée dans une loi de programmation ambitieuse au service des personnes en perte d’autonomie afin de donner sens et cohésion pour l’ensemble de la société.

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