CONVENTION CITOYENNE - CONTRIBUTION DE L’UNSA

 
La transition écologique ne se fera pas sans justice sociale !

Répondre à l’urgence écologique nécessite de repenser totalement nos modes de vie, de consommation et de production pour construire un nouveau modèle de développement.

 
L’UNSA adhère à cette démarche globalisante et, à sa place syndicale, elle entend en être pleinement actrice. Mais elle ne réussira pas sans une mobilisation générale de tous les acteurs, institutionnels ou organisés, comme de tous les citoyens. Pour cela, la question de son acceptation sociale est centrale et la justice sociale en est la clé.
Dans ce contexte, l’emploi est un des dossiers centraux.
 
La transition écologique bouleversera, et elle le fait déjà, le marché du travail sans que personne ne puisse établir, malgré les différentes études prospectives, dans quel sens, entre destructions et créations, penchera mécaniquement la balance. C’est bien pourquoi, sur une question socialement aussi cruciale que l’emploi, l’enjeu est, pour l’UNSA, de ne pas laisser se dérouler des mécaniques aveugles résultant des seules logiques de marché mais, tout au contraire, d’impulser des politiques volontaristes susceptibles d’orienter, d’accompagner et d’apporter des solutions.
 
Comme la transition écologique, l’emploi nécessite des cadres politiques internationaux, européens, nationaux mais aussi territoriaux car c’est là que se joue beaucoup de son opérationnalité.
 
La favorisation des circuits courts et donc de la consommation locale peut tout d’abord induire une certaine relocalisation des emplois confortant ainsi les bassins d’emplois, notamment pour les TPE-PME.
 
L’UNSA défend depuis longtemps un grand plan pour l’isolation thermique des bâtiments et l’amélioration des systèmes de chauffage. Ce plan national peut aboutir à un développement de l’activité doublement vertueux, et en termes de transition énergétique, et en termes d’emplois non délocalisables, dans cette filière du bâtiment.
 
De plus, cet investissement profitera aux plus démunis, les plus touchés par la précarité énergétique, cette mesure est alors aussi vertueuse socialement.
 
Cet exemple sera amené à être décliné dans d’autres secteurs si l’on veut réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre tout en préservant ou en développant l’emploi. Cependant, cela ne suffira pas. Car nombre d’implantations locales, aujourd’hui grosses pourvoyeuses d’emplois, supportent en fait des activités à rayonnement national ou international, notamment lorsqu’elles sont à caractère industriel.
 
L’exemple de l’automobile en est illustratif.
Les évolutions qui y sont annoncées sont massives avec :

  • une modification des systèmes de propulsion liées aux enjeux environnementaux (disparition du diesel, développement des motorisations électriques, hybrides et à hydrogène, mais également amélioration des moteurs thermiques) ;
  • les nouvelles utilisations de la voiture (co-voiturage, autopartage…) ;
  • le développement des véhicules connectés autonomes.
     
    Ces mutations environnementales et technologiques auront des répercussions incontournables en termes d’emplois dans une filière qui, en France, mobilise 440 000 emplois directs ou indirects pour sa partie « amont » allant de la conception à la fabrication et 550 000 emplois directs ou indirects pour toute sa partie « avale » concernant les services liés à l’automobile (commercialisation, maintenance, location, etc…).
     
    Ces répercussions seront qualitatives avec des évolutions de compétences dans les métiers de la recherche-développement comme de la fabrication mais aussi quantitatives. Les moteurs électriques utilisent par exemple 60 % de pièces détachés en moins que les moteurs thermiques ce qui implique beaucoup moins d’heures de travail pour les fabriquer, impactant les constructeurs automobiles mais aussi, et surtout, les équipementiers. Une voiture électrique, c’est aussi de l’ordre de 60 % d’entretien en moins, avec les effets induits sur l’activité des concessions et des garages automobiles.
     
    D’autres emplois pourront apparaître en relation avec le développement de la filière « batteries », surtout si une voie européenne de conception et de fabrication est empruntée et de nouveaux métiers apparaitront également avec le développement des services de mobilité.
     
    Cependant, des questions se posent sur l’équilibre en termes d’emplois et en termes de modification d’emploi ou de métier, cela ne se faisant pas aussi facilement que déplacer des pièces sur un échiquier. Dans ce cadre, la formation professionnelle est, pour l’UNSA, une des clés essentielles à utiliser, et il faudra qu’elle soit déployée beaucoup plus massivement qu’aujourd’hui, en articulation avec l’emploi.
     
    Cet exemple, dans un secteur qui compte près d’un million de salariés, est significatif et l’UNSA souhaite mettre en avant la nécessité de traiter les questions d’emploi et de transition écologique ensemble et de façon indissoluble.
     
    C’est dans cette logique que l’UNSA est porteuse d’un certain nombre de propositions se déclinant autour de trois axes :
    1) Anticiper
    C’est une évidence mais l’anticipation des mutations et évolutions est une des conditions de leur bon traitement écologique, économique et social. Dans cette logique, l’UNSA propose que l’emploi soit systématiquement abordé dans toute étude ou travail prospectif visant la transition écologique.
    Cela doit aussi passer par la mise en place d’indicateurs fiables pour être en capacité d’identifier et de piloter la baisse des gaz à effet et l’impact sur les emplois.
    Cette anticipation doit aussi se faire dans la recherche, tant fondamentale qu’appliquée, afin de trouver les solutions adaptées et les partager avec tous.
    Enfin, cela passe aussi par une anticipation forte dans la formation initiale des futurs citoyens, pour préparer le plus grand nombre aux évolutions.
    2) Associer, négocier
    La transition écologique et ses différents aspects (lutte contre le réchauffement climatique, transition énergétique, biodiversité…) relèvent d’une démarche globale qui nécessite l’association tous les acteurs. Le dialogue social est donc un impératif. En matière d’emploi, la « gestion prévisionnelle des emplois et des compétences » offre la méthodologie et la forme juridique adéquates dès lors qu’elle donne bien lieu à négociation entre partenaires sociaux à ses trois niveaux (entreprise, branche, territoire). Les contrats de transition écologique dans les territoires peuvent également être des vecteurs de ces politiques intégrant l’emploi, dès lors que les partenaires sociaux, et par là même les citoyens, y sont bien associés.

3) Garantir, sécuriser
Intégrer et associer ne suffit pas en matière d’emploi. Il faut encore définir les actions qui permettent de garantir et de sécuriser, notamment les salariés. Les investissements et la formation pour permettre les ajustements de qualification ou des requalifications complètes, les garanties en matière de mobilité et de logement doivent être impérativement précisés dans tous les accords et plans visant l’emploi dans le cadre de la transition écologique.

Baisser les émissions des gaz à effets de serre est aujourd’hui une nécessité, le temps nous est compté mais cette politique globale est une chance pour notre pays, à la condition que le pilotage de cette baisse soit global, incluant les questions d’emplois, faisant alors coïncider les problématiques de fin du monde et de fin du mois. La transition écologique sera aussi sociale.

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