L’UNSA auditionnée par le Comité économique et social européen

 
Le 19 novembre 2019, l’UNSA, représentée par Rachel Brishoual, Secrétaire nationale en charge du secteur Logement, a été entendue sur la question de la pauvreté énergétique, dans le cadre d’un rapport d’information intitulé « Évaluer l’union européenne de l’énergie — La dimension sociale et sociétale de la transition énergétique ».

 
Le groupe d’étude temporaire intitulé « Vers une communauté européenne de l’énergie » a sélectionné 5 pays européens pour étudier cette question : la France eu égard à « la crise des gilets jaunes » née de la hausse du carburant, la Pologne sur les mutations professionnelles, la Roumanie pour ses régions isolées et mono-énergétiques, la Grèce dont les associations de consommateurs se sont emparées du sujet et l’Allemagne pour sa gestion anticipée des mutations professionnelles.

La précarité énergétique s’entend par un taux d’effort énergétique supérieur à 8%. Quand ce taux dépasse les 10%, on parle de pauvreté énergétique. Et comme la précarité énergétique est révélatrice d’autres précarités, notamment monétaires, qui s’agrègent, nombre de ménages sont en état de vulnérabilité énergétique. Tout incident tel que la perte d’un emploi pourrait les faire basculer en situation de précarité énergétique.

Si ce sujet a été en partie traité depuis de nombreuses années par des mesures financières visant à réduire le coût de l’énergie pour les ménages les plus modestes et par la création en 2011 de l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE) sans réellement réussir à endiguer le phénomène, la question revient dans l’actualité par le prisme de la transition énergétique et de la lutte contre le changement climatique, le secteur du logement contribuant à 25% des émissions de gaz à effet de serre.

Dans ce cadre, les dernières mesures de lutte contre la précarité énergétique concernent plus les bâtiments et la rénovation énergétique, et notamment les passoires énergétiques. Cependant, les politiques publiques et les solutions apportées pourraient être plus efficaces et mieux ciblées si nous disposions de bons diagnostics, l’ONPE étudiant les populations et non les bâtis.

L’amélioration énergétique des logements est un enjeu majeur et prioritaire car participant de la lutte contre la pauvreté énergétique, contre l’habitat insalubre, contre le changement climatique et pour l’amélioration des conditions de vie, de santé et de sécurité. Pour ce faire, le parcours d’accès aux dispositifs doit être amélioré afin que cohérence, coordination et simplicité permettent d’être à la hauteur des enjeux.

Enfin, l’UNSA a rappelé que tout dispositif de régulation de la dépense d’énergie qui passerait par des outils numériques ne doit pas avoir pour effet d’exclure encore plus les populations les plus touchées par la précarité énergétique.

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