L’universalité des prestations familiales se construit avec la diversité des besoins des familles


https://www.unsa.org/4694

La mission d’information de l’Assemblée nationale sur les causes et conséquences de la baisse de la natalité en France a remis son rapport. Si certaines de ses 37 propositions permettent d’ouvrir des débats intéressants, d’autres sont plus inquiétantes.

Plusieurs propositions du rapport rejoignent des positions exprimées de longue date par l’UNSA qui méritent d’être soutenues :

  • Aller vers une véritable universalité des allocations familiales et donc leur versement dès le premier enfant ;
  • Rendre obligatoire le congé de paternité ;
  • Mieux concilier vie professionnelle et vie familiale notamment via des droits à autorisation d’absence supplémentaire ;
  • Nécessité de décloisonner les métiers de la petite enfance, de favoriser les passerelles professionnelles et de mieux sécuriser les rémunérations des assistantes maternelles ;
  • Donner plus de place aux enfants dans les espaces urbains et les transports.

D’autres propositions méritent un regard plus nuancé :

  • Le rapport propose davantage de pilotage national de l’offre d’accueil pour la petite enfance, ce qui est positif. Mais en l’absence d’obligation faite aux communes d’atteindre un taux minimal de couverture des besoins, ce pilotage risque fort de rester incantatoire…
  • Le droit opposable au temps partiel et les droits ouverts aux grands-parents peuvent représenter des avancées réelles à condition qu’ils soient des choix librement consentis et non des options imposées par le manque de solutions d’accueil… Si ces mesures servent à masquer l’absence de places, elles risquent de renforcer encore les inégalités entre les femmes et les hommes.
  • La sécurisation des carrières féminines est absente du texte, alors qu’elle devrait en être le cœur. La baisse de la natalité ne s’explique pas seulement par des freins financiers ou logistiques. Elle reflète aussi les renoncements auxquels les femmes sont contraintes lorsqu’elles souhaitent concilier maternité et vie professionnelle. Pour cela, l’UNSA défend un congé parental plus long et mieux rémunéré. Partagé entre les deux parents, il est le seul moyen d’éviter que la parentalité continue de peser unilatéralement sur les femmes, et donc sur leurs carrières, leurs rémunérations et leurs retraites.
  • Si le coût du logement représente un frein au désir d’enfant, les préconisations des députés (prêt à taux zéro à chaque naissance, nouvel abattement de 100 000€ par donation à chaque naissance) sont de nature à augmenter les inégalités. Pour l’UNSA, la priorité doit aller à l’offre de logements accessibles et aux aides pour les plus modestes.
  • Enfin, la transformation proposée des allocations familiales en « versement familial unique » (VFU) de 250 euros par mois et par enfant sans condition de ressources ni modulation pour les hauts revenus est inacceptable. Elle rompt avec la logique pour laquelle la branche famille a été conçue en contribuant à la charge d’enfant tout en tenant compte des besoins des familles (monoparentalité, handicap…). Il est proposé de supprimer un ensemble de prestations légales créées pour aider les familles les plus vulnérables : celles ayant de faibles ressources, les familles monoparentales, les parents d’enfants en situation de handicap… L’UNSA s’y oppose fermement. Fondre dans une prestation universelle des droits construits pour répondre à des besoins spécifiques, c’est laisser de côté les familles qui ont le plus besoin de soutien. Ce serait une régression majeure sous couvert d’universalité.

L’UNSA prend acte de l’effort de diagnostic réalisé par la mission parlementaire. Cependant une politique familiale ambitieuse ne peut pas se construire sur des angles morts aussi importants que l’égalité professionnelle entre femmes et hommes ni par un appauvrissement des familles les plus vulnérables.

Crédits photo : Senivpetro, sur Freepik

L'Unsa à votre service

UNSA
Actualités Céfu
TPE Retraités
Abo UNSA-Info
Les parutions de l'UNSA Voir-Écouter
Contact Transition écologique
Vos Droits
CES