Le logement à l’épreuve du confinement

Les mesures sanitaires strictes mises en place depuis le 17 mars révèlent l’importance de la qualité et des conditions de logement, le lieu de vie devenant à la fois lieu de travail, d’enseignement ou de loisirs. L’UNSA espère que les conditions de logement en France, passées au révélateur d’une pandémie et d’un confinement, constituent l’onde de choc qui permettra de reconnaître que le logement est un droit fondamental.

Pour l’UNSA, le droit à un logement durable et de qualité pour tous, permettant à chacun de s’y retrouver en toute sécurité et dans des conditions de bien-être personnel, est un droit fondamental. Dans les faits, il est mis à mal pour un certain nombre de personnes, qui s’en trouvent encore plus fragilisées en cette période de confinement.

Suroccupation et isolement touchent près d’un quart de la population française

Alors que la période nécessite des gestes barrières, dont la distanciation sociale, et limite les déplacements, l’étude de l’INSEE parue le 21 avril « Conditions de vie des ménages en période de confinement : occupation des logements, personnes vivant seules » indique que plus de 5 millions de personnes (soit 8,2 % de la population française) vivent dans un logement suroccupé et que 10,5 millions d’autres vivent seules.

La suroccupation concerne principalement les appartements et les agglomérations de plus de 100 000 habitants, et encore plus les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Les départements d’outremer, et surtout la Guyane, comptent également une forte proportion de logements surpeuplés. La situation est plus marquée chez les couples avec enfants de moins de 10 ans, qui partagent une même chambre, et les familles monoparentales avec un ou plusieurs enfants. Dans ces situations et d’autant plus pendant le confinement, avoir un endroit à soi, pouvoir travailler tranquillement ou tout simplement organiser la distanciation des membres malades de la famille, s’avèrent très difficiles et les risques de violences intrafamiliales sont accrus.

Quant à l’isolement, il concerne 2,4 millions des 75 ans ou plus, dont 13,3 % résident dans une commune sans aucun commerce d’alimentation générale, (jusqu’à 45% dans la Meuse et la Haute-Saône), et bien souvent sans proximité familiale ni moyen de transport. Cet isolement, accru par le confinement, a des conséquences sur le moral et la santé, et rend difficile les actes indispensables de la vie quotidienne (faire ses courses, se faire soigner...).

Pour ce qui concerne les étudiants et les jeunes, beaucoup vivent seuls, sans être obligatoirement trop isolés, mais dans des logements minuscules, de quelques m2, quelquefois avec des sanitaires en partie commune. Quand ils sont en couple, ils continuent bien souvent à partager ces lieux exigus.

Quand ces conditions sont cumulées avec des situations de pauvreté et de précarité, cela rend les conditions du confinement encore plus difficiles. Quel que soit le nombre de résidents, les logements sont en plus bien souvent insalubres. Le confinement multiplie les besoins en alimentation (plus de restauration collective) et en énergie (électricité, chauffage,...) et les factures augmentent. Alors que les déplacements sont limités, s’approvisionner à proximité coûte souvent plus cher.

La situation est encore plus critique pour les 840 000 adultes handicapés aux conditions modestes (bénéficiaires de l’Allocation Adulte Handicapé) vivant seuls, qui doivent en plus gérer les difficultés liées à leur handicap.

Le numérique contre l’isolement mais pas pour tous

Si le numérique permet d’entretenir un lien social, de télétravailler, de se détendre ou encore d’assurer la continuité pédagogique pour les élèves et les étudiants, 12 % des personnes n’ont pas accès à Internet à leur domicile, quel que soit le type d’appareil (ordinateur, tablette ou téléphone portable), allant jusqu’à 53 % chez les 75 ans et plus, et 34 % chez les peu diplômés. Voir notre article Le numérique à l’épreuve du confinement.

Le droit à un logement abordable, durable et de qualité pour tous

Le confinement ne fait que révéler au grand jour des conditions de logement que l’UNSA dénonce : insalubrité, loyers inabordables notamment dans les zones tendues à l’origine de ces suroccupations, situation dégradée au regard des services apportés au domicile aux personnes âgées, dépendantes ou non, et aux personnes en situation de handicap (accompagnement, soins, santé), dépenses de logement toujours plus lourdes nuisant notamment à la mobilité des travailleurs, augmentation des inégalités sociales et de la pauvreté, numérique excluant,....

L’UNSA revendique la mise en location de logements décents à des conditions tarifaires raisonnables. Cela nécessite d’encadrer les relations locataires/bailleurs, surtout dans le parc privé, et de prendre des mesures coercitives contre les bailleurs de logements indignes et les marchands de sommeil. L’extension de l’encadrement des loyers et la mise en œuvre d’observatoires des loyers doivent permettre d’accéder à un logement acceptable en surface et en nombre de pièces.
Les besoins en logement de qualité sont importants. Cela appelle un plan de construction ou de réhabilitation coordonné et varié pour répondre à l’ensemble des demandes (logement très social et social, locatif abordable à la classe moyenne), correspondant aux (re)compositions familiales d’aujourd’hui ou à des formes d’habitat alternatives, solidaires, inclusives, intergénérationnelles et écologiques, telles que les coopératives d’habitants.
Mutualiser des espaces collectifs (buanderie, salle informatique, jardin, potager,.....) et des services (ménage, entretien des espaces verts, animation sportive, garde d’enfants, prise en charge des plus âgés et des handicapés, acquisition de compétences numériques,.......) peut être une réponse aux problématiques rencontrées et accrues par le confinement.

L’UNSA rappelle que le droit à un logement digne est au cœur de la cohésion sociale de la nation, participant à l’accès à d’autres droits tels que la santé, l’emploi et l’éducation.

Pour l’UNSA cette crise doit faire de la question du logement une priorité nationale, que seul un réel engagement politique permettra.

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