Déficits hospitaliers : l’UNSA pour une transformation concertée et des engagements durables
Le dernier rapport de l’IGAS dresse un constat sans ambiguïté. En 2024, les établissements publics de santé atteignent un niveau de déficit jamais observé, avec près de 2,9 milliards d’euros de pertes alors même que leur situation était déjà fragile avant la crise sanitaire.
En cinq ans, le déséquilibre s’est encore creusé, avec près d’un milliard d’euros supplémentaire chaque année sur les deux derniers exercices. Cette aggravation vient s’ajouter au déficit de la branche maladie de la Sécurité sociale, désormais supérieur à 16 milliards d’euros. Pour l’UNSA, cette accumulation fragilise profondément le financement du service public hospitalier et met en tension sa capacité à répondre aux besoins de la population.
Ce résultat est celui d’un déséquilibre structurel entre l’évolution des charges et celle des recettes. Entre 2019 et 2023, les dépenses hospitalières ont progressé de 6,2 % par an sous l’effet cumulé des revalorisations salariales nationales, de l’inflation et de l’augmentation des coûts médicaux. Dans le même temps, les recettes n’ont progressé qu’à hauteur de 5,7 % par an, creusant un écart qui explique largement la dégradation rapide des comptes.
Construire l’avenir, protéger l’essentiel
Face à cette situation, la mission IGAS propose un plan de consolidation visant un retour à l’équilibre d’ici 2029. L’UNSA partage plusieurs de ces orientations, notamment la poursuite des travaux sur le tendanciel hospitalier, une transparence renforcée dans la construction de l’Ondam, une meilleure organisation de la permanence des soins et la mise en place de filières territoriales coordonnées entre la ville et l’hôpital.
L’accélération des prises en charge ambulatoires, le développement de l’hospitalisation à domicile ou encore la réinternalisation de certaines activités au sein des groupements hospitaliers de territoire (GHT) constituent également des pistes pertinentes lorsqu’elles améliorent la qualité des soins et la maîtrise des coûts.
Pour autant, l’UNSA reste vigilante : les mutualisations, les réorganisations internes ou les mesures d’efficience ne doivent en aucun cas dégrader la qualité de la prise en charge ni alourdir les conditions de travail des équipes. La transformation du système hospitalier ne peut pas se faire au détriment du soin. L’UNSA rejette l’idée que des projets d’investissement issus du Ségur puissent être abandonnés au nom de la seule soutenabilité financière. Ces investissements sont indispensables à la modernisation des établissements et aux besoins de la population. L’UNSA demande également que l’ensemble des mesures du Ségur soit intégralement compensé par l’État au budget de la Sécurité sociale. Il s’y était engagé en promettant une compensation à l’euro près afin de poursuivre l’effort d’attractivité des métiers et de stabiliser les équipes.
En parallèle, l’UNSA estime urgent d’ouvrir un cadre de discussion sur le financement de la Sécurité sociale qui doit, comme le monde du travail, s’adapter aux mutations numériques, technologiques et environnementales.
Toutes ces préconisations ne pourront réussir que si elles sont construites avec l’ensemble des acteurs, dans un dialogue social réel et avec un engagement financier clair de l’État. C’est à ce prix que le service public hospitalier pourra continuer à remplir sa mission partout sur le territoire.
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