Emploi et formation des jeunes : entre discrimination et freins sociaux
Deux récents rapports du Conseil d’orientation des politiques jeunesse (COJ) et de la Défenseure des droits soulignent les principales difficultés rencontrées par les jeunes sur le chemin de l’insertion professionnelle.
Alors que le chômage des jeunes augmente à nouveau et que les dispositifs dédiés aux plus fragiles comme le Contrat d’engagement jeunes (CEJ) donnent des résultats décevants, les rapports du COJ [1] et de la Défenseure des droits constituent une nouvelle alerte.
Pour les jeunes, et en particulier les plus défavorisé·es, c’est tout leur parcours vers l’emploi, de la formation à l’embauche, qui est en effet semé d’obstacles.
Dans son rapport « Jeunes en formation et précarité », le COJ fait le constat, pointé depuis plusieurs années par l’UNSA, d’une sécurisation des parcours de formation entravée par les freins périphériques et la précarité financière. Il avance plusieurs propositions sur :
- la mobilité : aide au permis aux apprentis dès l’âge de 17 ans, financement de titre de transport, achat de véhicule ;
- le logement : production de 45 000 nouveaux logements étudiants d’ici 2027 ;
- le versement des aides : rémunération des stagiaires de la formation professionnelle financée par les Conseils régionaux dès le premier mois de formation, le repérage précoce et le signalement des situations de précarité, avec une mise en réseau des acteurs concernés du territoire…
- le renforcement de la formation des professionnel·les qui accompagnent les jeunes dans leur parcours.
De son côté, la Défenseure des droits met en avant les discriminations (logement, santé…), outre celles concernant l’emploi et l’insertion professionnelle, qui touchent des ressortissant·es étrangers·ères mais aussi de nombreux·ses jeunes de nationalité française.
Ils sont descendant·es d’immigré·es, ou tout simplement victimes de préjugés et stéréotypes liés à leur apparence physique ou à des caractéristiques socio-culturelles (nom, lieu de résidence) et rencontrent des obstacles pour trouver un stage, une entreprise pour l’alternance, une embauche.
Ces discriminations, cumulées aux difficultés dans la vie quotidienne, entrainent le décrochage de centaines de milliers de jeunes et la persistance d’un nombre élevé de NEETS (ni en emploi, ni en études, ni en formation).
Ces deux rapports confortent les revendications de l’UNSA en faveur de politiques publiques plus efficaces pour la jeunesse et une lutte plus déterminée contre les discriminations.
La question des freins périphériques ne pourra se résoudre qu’avec une mobilisation renforcée de tous les acteurs publics et des moyens humains d’accompagnement accrus.
Pour l’UNSA, une politique de jeunesse ambitieuse et inclusive doit s’appuyer sur une diversité d’acteurs formés et coordonnés, capables d’accompagner les parcours non linéaires des jeunes tout en garantissant l’égalité réelle des chances. Chaque jeune, quelle que soit son origine, son lieu de résidence, ses ruptures de parcours, doit -en étant sécurisé financièrement- pouvoir accéder à la formation, à l’expérimentation, à l’émancipation, à une citoyenneté active et à des perspectives d’emploi durables pour construire son épanouissement personnel et professionnel.
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