Dégradation continue des droits des travailleurs dans le monde
La confédération syndicale internationale (CSI) vient de publier son indice 2026 sur les droits dans le monde. Ce rapport confirme une détérioration mondiale des droits des travailleuses et travailleurs. Elle est marquée par la répression syndicale, la restriction des libertés publiques, la surveillance numérique et l’affaiblissement du dialogue social, y compris dans plusieurs démocraties. La France n’échappe malheureusement pas à cette tendance.
Recul généralisé des droits des travailleurs
L’Indice CSI 2026 dresse un constat alarmant : 87 % des pays violent le droit de grève, 80 % limitent le droit de négociation collective, 75 % entravent la liberté syndicale, 72 % offrent un accès limité à la justice, 50 % restreignent les libertés d’expression et de réunion, un record depuis la création de l’indice en 2014.
La CSI souligne la hausse des arrestations, poursuites et détentions visant des travailleuses et travailleurs et des représentants syndicaux, la tendance des gouvernements à réformer le droit du travail sans véritable consultation des organisations syndicales et le recours croissant aux nouvelles technologies pour surveiller, contrôler ou sanctionner les travailleuses et travailleurs et les activités syndicales. L’utilisation des outils numériques et de l’intelligence artificielle soulève des questions majeures pour les libertés individuelles et l’exercice de l’action syndicale.
Dans le même temps, de plus en plus de gouvernements modifient les législations du travail au détriment des travailleuses et travailleurs, sans véritable consultation des organisations syndicales, contribuant à l’affaiblissement du dialogue social.
L’Indice met en lumière des situations particulièrement préoccupantes dans plusieurs pays. La CSI souligne le recul des libertés publiques en Israël depuis le début de la guerre à Gaza, qui a conduit à une forte dégradation de son classement. Aux États-Unis, elle dénonce les attaques répétées de l’administration Trump contre les droits fondamentaux des travailleuses et travailleurs et des syndicats.
Plus grave encore, le rapport recense des assassinats de travailleuses et travailleurs et de militants syndicaux en Angola, Colombie, Indonésie et Mexique, rappelant que, dans certaines régions du monde, l’engagement syndical peut coûter la vie.
Quelques évolutions positives sont néanmoins relevées. Le Botswana, le Royaume-Uni et l’Uruguay améliorent leur classement cette année, démontrant qu’il est possible de renforcer les droits des travailleuses et travailleurs lorsque le dialogue social, les libertés syndicales et l’État de droit sont mieux respectés.
Situation préoccupante en France
Cette année, la France voit sa situation se dégrader dans le classement de la CSI. Elle évoque les suites du conflit social sur la réforme des retraites, les poursuites engagées contre certains responsables syndicaux ainsi que les difficultés rencontrées par les organisations syndicales dans l’exercice de leurs missions, portant atteinte à l’autonomie du dialogue social. Ce déclassement doit être pris comme un signal d’alerte. Il traduit une dégradation de la qualité du dialogue social et du respect des corps intermédiaires ainsi qu’une fragilisation de la démocratie sociale.
Plus largement, la CSI estime que l’Europe et les USA connaissent aujourd’hui leur plus mauvais niveau en matière de droits syndicaux depuis la création de l’indice, établissant un lien entre la progression des mouvements d’extrême droite et la remise en cause des droits des travailleurs dans plusieurs pays, dont la France.
L’Indice CSI 2026 confirme une tendance mondiale préoccupante et continue depuis quelques années. Face à cette situation, l’UNSA réaffirme son attachement aux libertés syndicales, au respect des représentants des salariés, à l’autonomie de la négociation collective et à un dialogue social de qualité.
Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, la montée des autoritarismes et la fragilisation des corps intermédiaires, il est plus que jamais nécessaire de défendre le multilatéralisme, le dialogue social et de garantir partout dans le monde les droits fondamentaux des travailleurs pour un avenir plus juste et plus démocratique.
