La mobilité en Ile de France : inégalités territoriales et sociales


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Le secteur économie-emploi-formation professionnelle est intervenu à Orly, lors des portes ouvertes de l’URIF UNSA sur la problématique transport et emploi.

La première partie de la réunion a permis de dresser un constat sans appel, nourri par de nombreuses études et rapports parmi lesquels ceux de l’Institut Paris Région (IPR), et du Conseil économique, social et environnemental régional (CESER) : L’accessibilité aux transports est très inégale en Ile de France.

50 % des territoires les plus pauvres n’ont accès qu’à 21 % des emplois de cadres en moins de 30 minutes alors que 10 % de ceux les plus riches peuvent être ralliés en moins de 30 minutes.

Le temps de trajet domicile-travail s’est allongé ces dernières années, 30 % seulement des actifs résident et travaillent dans le même bassin d’emploi. Preuve en est, les ouvriers et employés passent près de 10 minutes par jour de plus que les autres actifs pour se déplacer.

Stress, anxiété… l’impact sur la santé des travailleurs est fort. Ceux effectuant de longs trajets domicile-travail sont par exemple 33 % plus enclins à souffrir de dépression. Selon une étude, les longs trajets domicile-travail coûtent aux entreprises l’équivalent d’une semaine par an, de productivité de leur personnel.

En Ile de France comme ailleurs, une mauvaise offre de transport est un frein périphérique à l’emploi majeur. Un francilien sur trois a déjà refusé un emploi à cause d’un trajet domicile -travail trop long.

Depuis la crise COVID, le télétravail a été souvent présenté comme une solution miracle pour désengorger les transports et en même temps améliorer les conditions de travail. Outre le fait que tous les emplois ne sont pas télétravaillables comme ceux de la première ligne (santé, nettoyage, accueil, éducation…), ils sont majoritairement occupés par des franciliens éloignés de leur lieu de travail.

De plus, le télétravail, est encore loin d’être massif, et il est mal réparti sur la semaine : 16 % le lundi contre 24 % le vendredi et jusqu’à 40 % des cadres en fin de semaine.

La semaine de quatre jours qui en est à ses balbutiements pourrait-elle être une autre piste ? Quoi qu’il en soit, pour l’UNSA, cette réflexion qui tend actuellement plutôt sur la semaine “en 4 jours” devra prendre en compte l’allongement de la durée quotidienne de travail et les conséquences sur la vie personnelle notamment des déplacements domicile-travail plus tardifs.

Dans un second temps, les salariés présents aux journées portes ouvertes de l’URIF ont échangé sur les difficultés qu’ils rencontrent dans leur déplacement et ont déploré le peu d’actions conduites au sein de leur entreprise sur ce sujet. Le plan de mobilité en entreprise (PDM) prévu dans le cadre de la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) entrée en vigueur le 1er janvier 2020 est par exemple totalement ignoré.

Pour l’UNSA, il est urgent d’agir et ce sur plusieurs leviers : l’implication des entreprises, le développement du télétravail, de la semaine de quatre jours, une offre de logement accessible ainsi que la mise en place de nouvelles politiques publiques concertées entre la région, les collectivités territoriales en lien avec les acteurs sociaux et économiques.

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