Université d’hiver de la Formation professionnelle de Centre Inffo

 
Une délégation de l’UNSA était présente à l’université d’hiver de la Formation professionnelle de Centre Info, à Biarritz du 31 janvier au 1er février.

L’UNSA qui participait à plusieurs ateliers a rappelé ses exigences sur les questions de l’accompagnement des publics les plus fragiles, de la gouvernance du nouveau système de formation, du lien avec les territoires...

Pour les très nombreux participants (plus de 1 300), cette 16ème édition a permis à la fois d’apporter un éclairage technique sur la réforme « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » mais surtout de mettre en exergue plusieurs points sensibles concernant la mise en œuvre de la loi. En ouverture, la Ministre Muriel Pénicaud a tenu un discours volontariste mais qui n’a cependant pas levé les réserves émises ces derniers mois par les organisations syndicales et les acteurs régionaux, notamment sur le rythme effréné du calendrier et la gouvernance trop resserrée.

La table ronde plénière a été l’occasion pour l’UNSA par l’intermédiaire de Christine Savantré Conseillère nationale, de saluer la philosophie de la réforme consistant à placer le salarié au centre du dispositif mais en même temps de s’interroger sur la réelle appropriation de son droit à la formation. La disparition de l’intermédiation au profit d’une application mobile peut en effet laisser perplexe, surtout si les contours du cahier des charges de cet outil numérique ne sont pas précisément définis.

Elle a rappelé l’importance pour l’UNSA d’un accompagnement de qualité pendant tout le processus d’intégration comme de suivi post formation, cette question de l’accompagnement ne pouvant être uniquement un supplément d’âme mais bien le cœur de l’action de formation, la condition de sa réussite. Le Conseil en évolution professionnelle (CEP) à condition qu’il soit renforcé en sera un élément central.

A cet égard, elle a salué les constats et préconisations du récent rapport de Catherine Beauvois sur le sujet qui pointe la coresponsabilité des financeurs, des acteurs territoriaux et des organismes de formation. Pour répondre à la fois aux besoins des entreprises et des personnes et ne pas se contenter d’une démarche purement adéquationniste, l’UNSA revendique en effet que le droit à la formation se concrétise dans un cadre collectif ; les entreprises comme les organisations syndicales devant y prendre toute leur part.

La question du financement de la réforme a été également un sujet majeur de l’université d’hiver, avec une intervention de Jean Marie Marx, Haut-Commissaire au développement des compétences et à l’inclusion dans l’emploi. L’occasion de mettre en valeur, via le Plan d’investissement dans les compétences (PIC), un engagement financier pluri- annuel très conséquent avec un forfait moyen de formation revalorisé (8 000 euros contre 3 000 euros pour le plan 500 000) donnant la priorité aux formations qualifiantes, une ligne budgétaire dédiée à l’ingénierie, à la capitalisation sur les bonnes pratiques.

L’UNSA dans un des ateliers s’est par contre exprimée pour regretter que la problématique de l’accompagnement social et économique pour les publics les plus fragiles en formation ne soit pas encore une priorité lisible au sein du PIC. Pour réussir ce pari de faire entrer en formation les publics plus éloignés de l’emploi, de définir les besoins en compétence au plus près du terrain, le rôle des acteurs territoriaux est incontournable, à ce titre l’UNSA a fait part à nouveau de son inquiétude sur le silence de la loi sur les CREFOP… L’université d’hiver avait également mis à l’ordre du jour le lien entre la prospective en termes d’évolution des emplois et l’adaptation de l’offre de formation. L’occasion pour l’UNSA de rappeler l’importance pour la mobilité et la progression professionnelle, de la modularisation des formations et de la logique de compétences transversales initiée dès les premiers niveaux de qualification avec CLEA jusqu’aux formations supérieures, sans oublier la VAE parent pauvre jusqu’à présent de la réforme. Enfin, sujet sensible pour les organisations syndicales, la mise en place des opérateurs de compétences (OPCO) non encore entièrement finalisée à ce jour a donné lieu à des échanges avec les services du ministère. Les représentants de plusieurs branches professionnelles ont été très critiques sur le calendrier imposé et certains « mariages forcés » regrettant au passage l’abandon de la collecte non pas dans sa dimension financière mais par la perte d’information sur les entreprises et notamment les TPE qu’elle représente. Au-delà des OPCO, pour tous les acteurs impliqués dans la formation professionnelle, cette université d’hiver aura été une prise en compte collective de la nécessaire vigilance sur une année de transition 2019 déterminante.

Dans ce cadre, le secteur Économie-formation professionnelle-emploi de l’UNSA s’emploiera à accompagner militants et adhérents dans les prochaines semaines, avec des outils dédiés.

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